RMC Sport

Luis Fernandez : « La fin d’une génération »

-

- - -

Notre consultant Luis Fernandez, grand spécialiste du football espagnol, estime que l’élimination de la Roja dès le premier tour du Mondial brésilien marque le terminus de la génération dorée des Casillas, Xavi et Iniesta.

Après seulement deux matchs, conclus par deux défaites contre le Pays-Bas (1-5) la semaine passée et le Chili (0-2) ce mercredi, l’Espagne a dit adieu à son titre mondial, décroché il y a quatre ans en Afrique du Sud. Une énorme désillusion pour une équipe qui régnait sur le football international depuis six ans. « C’est sans doute la fin d’une génération, tranche Luis Fernandez au sujet d’un groupe également double champion d’Europe en titre. Il fallait s’y attendre. Ce n’était peut-être pas programmé aussi tôt dans la compétition, mais on a senti ce soir que cette équipe avait pas mal de manques. Dans le jeu, on l’a sentie émoussée, manquant de fraîcheur.

On peut toujours trouver à dire sur sa forme, son onze de départ, ses défenseurs, ses milieux de terrain… Mais il faut surtout faire un constat : quand des joueurs restent aussi haut, aussi longtemps, et gagnent une multitude de titres en club ou en sélection, il y a un moment où la série doit se terminer. C’est un groupe qui enchaîne les matches depuis un long moment et une fatigue s’est naturellement installée. Il y a eu un manque d’imagination pendant cette compétition. On a vu cette équipe subir la pression du Chili et elle n’avait pas les ressources pour réagir. Les Espagnols n’ont pas réussi à bien ressortir le ballon, ce qui était une de leurs forces. Ils ont aussi été battus dans les duels. »

« Un naufrage collectif »

Quelle est la part de responsabilité Vicente Del Bosque dans ce fiasco brésilien ? « Il faut arrêter de penser que, dès qu’une équipe perd, c’est la faute du sélectionneur, juge notre consultant. Ce naufrage est collectif. Je suis un admirateur de ce football, de cette équipe et de Del Bosque. Mais il faut se rendre à l’évidence : ils sont tombés sur plus forts physiquement et tactiquement. Les adversaires de l’Espagne ont aussi l’occasion de l’observer depuis un moment et ils ont trouvé des solutions pour la contrarier, voire la battre comme l’ont fait les Pays-Bas et le Chili sur cette Coupe du monde. Aux Espagnols désormais de se reconstruire et je pense qu’ils ont les éléments pour le faire. »

A lire aussi :

>> Les tops et les flops d'Espagne-Chili

>> Les « records » du fiasco espagnol

>> 

Les raisons du « fracaso » espagnol

Luis Fernandez