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Nelson Mandela sera-t-il là ?

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Soutien actif de la candidature sud-africaine, l’ancien chef d’Etat et prix Nobel de la Paix se fait de plus en plus rare. Si sa présence durant la Coupe du monde n’est pas assurée, tout un peuple l’espère.

Sans lui, l’Afrique du Sud n’aurait sans doute pas décroché l’organisation de la Coupe du monde. Mais à 91 ans, l’ancien chef d’Etat, symbole de la lutte contre l’apartheid, n’apparaît quasiment plus en public. On le dit très fatigué. Début mai, son petit-fils a annoncé qu’il ne sortirait pas de sa retraite durant la compétition. Au siège de sa fondation, à Houghton Estate, une banlieue huppée de Johannesburg, les policiers en faction se veulent rassurants. « Il vient ici pour tous ses rendez-vous, assure Glen. Ses visites sont fréquentes. Il arrive en voiture, avec son chauffeur, de sa maison toute proche. Parfois, on peut échanger quelques mots avec lui. C’est quelqu’un de très amical. Il est notre fierté, vous savez. »

Le Prix Nobel de la Paix 1993 réside à quelques centaines de mètres de là, à l’angle de la 12e Avenue et de la 4e Rue. Une grande villa aux impressionnants murs d’enceinte, d’où dépassent un cèdre, un palmier et les pylônes d’éclairage d’un court de tennis. Six voitures stationnent devant l’entrée. « Madiba » est protégé comme un Chef d’Etat. Les agents de sécurité ont la consigne de ne pas parler. « Je ne peux même pas vous dire s’il est là », indique l’un d’eux, moyennement réjoui de croiser un journaliste. Mandela possède en effet une autre résidence dans le sud-est du pays, près de sa région natale. « Je pense qu’il a choisi lui-même de se retirer de la vie médiatique, avance l’ancien rugbyman français Pieter de Villiers, de retour dans son pays natal. Il fera certainement une apparition durant la Coupe du monde. Son charisme va jouer, et tout le monde sera touché. Rien qu’en passant à côté de lui, on a la chair de poule.»

« Son esprit sera présent »

Le 6 mai, au début de la tournée du trophée en Afrique du Sud, la presse a publié une photo du grand homme, Coupe en main, sourire aux lèvres. « Vous souvenez-vous de ce jour de 2004, quand nous avions obtenu l’organisation de l’épreuve ? », rappelle Kirsten Nematandani, président de la fédération sud-africaine de football. Mandela avait dit qu’il se sentait comme un gamin de quinze ans. Cela venait du plus profond de son coeur. Il a toujours adoré le sport, qui l’a tant aidé à tenir le coup durant ses années d’emprisonnement. Je ne sais pas s’il apparaîtra, mais je sais que son esprit sera présent. »

Ancien capitaine et manager des Springboks, aujourd’hui directeur du Green Point Stadium au Cap, Morné du Plessis a rencontré Nelson Mandela à de nombreuses reprises. « Quand il vous demande comment vous allez, c’est sincère, confie-t-il sans cacher son émotion. Il est vraiment intéressé par votre état de forme. Il devrait pourtant s’en moquer... Je suis sûr qu’on le verra pendant la Coupe du monde. Il est la magie qui a permis à notre pays d’être là où il en est aujourd’hui. »

« « Madiba » est à un âge ou la santé est fragile, résume Mark Fish, champion d’Afrique 1996 avec les Bafana Bafana et ambassadeur du Mondial 2010. Il n’est pas dans la forme que l’on souhaiterait. Tout le monde a envie de le voir lors du match d’ouverture, pour tout ce qu’il a fait pour cette Coupe du monde, pour l’Afrique du Sud, l’Afrique en général et l’Humanité. Je ne lui ai plus parlé depuis deux mois environ. Il m’a dit de continuer ma mission, de dire au monde entier de venir en Afrique du Sud et d’achever au mieux tout le travail que nous avons accompli. »