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Riolo : « Un nouveau départ pour les Bleus ? »

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Bilan de l’équipe de France à 100 jours de l’ouverture de la Coupe du monde au Brésil…

La pénible et finalement joyeuse double confrontation contre l’Ukraine a-t-elle relancée les Bleus ? Après 7 ans de déroutes, de déceptions, de nullité, d’humiliations, l’heure est-elle à un nouvel espoir ? Le bon sens populaire suivant Cervantès dit que « tant qu’il y a de la vie… » Alors pourquoi ne pas plonger, une fois de plus. Cette équipe de France, c’est un peu la « Mathilde » de Jacques Brel. Non il ne faut pas, ne tremblons pas, souvenons-nous comme cette équipe nous a déchirés, fait honte. Pourtant, ça va se terminer comme d’habitude : « Bougnat, apporte-nous du vin, celui des noces et des festins » car nous sommes prêts à nous brûler et à y croire à nouveau…

Le savant dosage entre soutien naturel, chauvinisme, engouement médiatique, communication, business va faire son office. On va craquer. Bientôt une chanson sera écrite. Pas Johnny, pitié. Au moins ça. Et puis parce que l’amoureux qui espère ressent plus de bonheur que celui qui a obtenu, allons-y. On verra plus tard s’il fallait ou non.

Après tout, cette équipe est plus séduisante que les précédentes. Ces garces qui nous ont cocufiés. Habillé et maquillé par Deschamps, elle a même retrouvé de l’allure. C’est une nouvelle aventure. La galère des éliminatoires et ce barrage si compliqué ont assurément assaini l’ambiance. La fameuse confiance dont a besoin le footeux est revenue. Deschamps a trouvé son groupe. Il est né au Stade de France en novembre. Et c’est sur ce groupe qu’il va s’appuyer. Son expérience lui permet de savoir à quel point c’est avec le groupe qu’on construit une histoire, bien plus qu’en se lançant dans d’interminables débats sur les individualités. Sa cohérence, ça sera la vie du groupe.

En bleu, mais aussi avec Monaco, il a vu à quel point, avec un groupe fort, on pouvait briller en étant outsider. C’est l’idée du groupe qui a conduit à l’éviction de Nasri qui, sportivement, ne ferait pas tâche dans l’équipe. Il est en plus devenu très bon avec Manchester City. Touché par sa situation, Nasri s’est lancé dans une grande campagne de sensibilisation sur son cas. Marre d’être le mal aimé. C’est touchant, ça montre au moins à quel point il veut aller à la Coupe du monde, jouer en bleu. Mais a priori, c’est trop tard. Il sait que c’est la fin et qu’il n’y peut plus rien…

A la différence des années galères, les Bleus ont aujourd’hui beaucoup de joueurs qui sont forts en club. Ce n’est pas toujours une garantie, la preuve en 2002, mais c’est un cas à part. L’échec était venu après un trop plein de victoires. Des joueurs forts en club, disais-je, et surtout, c’est capital, qui ont fui la « looserie » qui plane en France et en L1. Aujourd’hui, les nouveautés sont notables. On a un Benzema meilleur que jamais. Un milieu de terrain qu’on peut identifier : le trio Cabaye, Pogba, Matuidi. Et une défense qui n’est plus un vaste chantier permanent. Debuchy, Koscielny, Sakho, Varane et Evra. Ils sont 5 pour les 4 places. Récemment, on avait le sentiment qu’ils étaient 10 ! Les absents avaient toujours raison.

Ça devrait jouer en 4-3-3 et l’incertitude plane sur la troisième place devant, à droite. Griezmann sera-t-il l’invité « surprise » ? Rémy, sorte de chouchou du sélectionneur, va-t-il s’imposer ? Valbuena ? Il fut un temps, on se posait des questions à quasi chaque poste. L’avancée est donc spectaculaire. Et Deschamps, dont il ne faut jamais, jamais douté (j’ai moi-même fait le péché du « doute Deschamps » en novembre) fera une équipe compétitive. Car le but n’est pas ici de se prononcer sur ce que fera la France au Mondial. Mais de croire comme le disait Maître Platini - l’homme qui sait - qu’à défaut de la voir gagner, on peut être sûr qu’elle sera difficile à battre…

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La rédaction