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Sélectionneur viré à J-2, une seule victoire... L'Espagne a encore bien raté sa Coupe du monde

De son match nul électrique arraché contre le Portugal (3-3) à une séance de tirs au but fatale contre la Russie, en passant par le renvoi de son sélectionneur à deux jours de son entrée en lice, l’Espagne s’est liquéfiée dans cette Coupe du monde. Elle est aujourd’hui dans l’impasse.

Quatre ans après un Mondial raté au Brésil, avec une gifle d'entrée (1-5 contre les Pays-Bas) et une élimination en phase de groupes, l’Espagne s’est arrêtée dès les huitièmes de finale contre la Russie, le pays hôte de cette Coupe du monde 2018. Un séisme de plus dans une édition qui n'épargne décidément aucun favori.

Un journaliste avait rappelé samedi en conférence de presse, à juste titre, que l’Espagne n’avait jamais battu un pays hôte, que ce soit à l’Euro (1980, 1984, 1988, 1996, 2004) ou en Coupe du monde (1934, 1950, 2002). "Vous savez ce que je pense des statistiques …" avait répliqué Fernando Hierro. L’histoire est venue lui rappeler qu’il aurait mieux fait de les reconsidérer, ces fameuses statistiques.

L'Espagne, une caricature d'elle-même

Elles ont donné 1006 passes pour l’Espagne dans ce match insipide contre la Sbornaya, finalement réglé aux tirs au but (4-3 pour la Russie). Un record historique, tellement révélateur de ce qu’aura été la Roja dans cette Coupe du monde. Sans idée ni génie, la formation de Fernando Hierro s’est enfermée dans les schémas de jeu qu’on lui connaît, jusqu’à la caricature.

Dans un stade Loujniki acquis à la cause de la Russie, l’Espagne a monopolisé le ballon sans vraiment savoir comment l’utiliser. La 21e Coupe du monde de l’histoire est déjà terminée pour la Roja. Et c’était presque prévisible.

Lopetegui viré pour avoir signé au Real, une seule petite victoire contre l'Iran

Le limogeage inattendu de Julen Lopetegui à deux jours de l’entrée en lice de l’Espagne, à cause de sa signature au Real Madrid, a fragilisé les fondations d’un édifice bâti pendant deux ans sous la houlette de l’ancien sélectionneur. Fernando Hierro a courageusement assuré l’intérim et tenté de relever un sacré défi, mais il n'a jamais réussi à imposer ses idées. Car s'ils n’avaient plus connu la défaite depuis 23 matchs, la dernière datant de l’Euro 2016, les coéquipiers de Koke n’ont battu que l’Iran (1-0) dans cette Coupe du monde.

Menée à deux reprises par le Portugal lors de son match inaugural, l’Espagne avait entamé sa phase de poules par un match nul (3-3). Bousculée par le Maroc (2-2), elle avait aussi partagé les points avant de défier la Russie. Après ce nouveau fiasco, l'Espagne va devoir vivre avec les doutes qui entourent sa capacité à se relever. Et digérer. A voir la détresse de ses joueurs au coup de sifflet final, elle a peut-être perdu plus qu'un match de foot à Moscou.

QM