RMC Sport

Thuram en remet une couche

Lilian Thuram

Lilian Thuram - -

Interrogé sur TF1, le recordman français des sélections (142 sélections), a de nouveau mis en cause Patrice Evra, le capitaine des Bleus, après le fiasco en Coupe du monde. Il évoque également le silence de Thierry Henry et les échecs de Raymond Domenech et Jean-Pierre Escalettes.

Le cas Patrice Evra
« Il y a dans les équipes des gens qui ne sont pas à la hauteur. Mais il faut faire en sorte qu’ils ne prennent pas le pouvoir. Certains ont pu prendre le pouvoir et imposer leur vision des choses. Dans tous les groupes, il y a des gens qui suivent. Mais c’est parti de quelques joueurs. Et il y a bien évidemment le capitaine. Quand vous êtes capitaine, vous avez un rôle fondamental. Il s’est grevé d’autres joueurs. Quand vous avez le brassard, vous avez une responsabilité. Bien sûr, je pense que le capitaine est coupable. J'ai proposé au Conseil fédéral que le capitaine ne remette plus les pieds en équipe de France. Ce qui me paraît tout à fait compréhensible. »

Thierry Henry et Eric Abidal
« J’ai eu Eric (Abidal) au téléphone. C’est quelqu’un que j’apprécie. Mais je lui ai dit, sur le fait qu’il refuse de jouer le match, "si je suis président de la Fédération, tu ne joues plus en équipe de France. Tu n’as pas le droit de refuser, surtout après ce que tu as fait". Si Thierry Henry avait pris ses chaussures et était descendu (du bus, ndlr), beaucoup l’aurait suivi. Mais je ne comprends pas (pourquoi il est resté dans le bus, ndlr). J’ai beaucoup de tendresse pour lui. Mais au contraire de quelques uns, il est très intelligent. »

« La stupidité n’a pas de couleur »
« J’ai entendu parler de bandes de banlieue et de caïds. Dans n’importe quel groupe, que ce soit à l’Assemblée nationale ou ailleurs, il y a des gens qui ont un mauvais raisonnement. Là, on parle d’une certaine stupidité. Et la stupidité n’a pas couleur, ni de religion ou de sexe. Ce qui s’est passé est de la stupidité pure et dure. Ce qui s’est passé, c’est ne pas faire le lien entre son comportement et ses conséquences. Je pense que c’est un manque de réflexion totale. »

Escalettes et Domenech, aussi responsables
« Il y a eu un manque d’autorité de la Fédération vis-à-vis de son sélectionneur. Et de ce dernier vis-à-vis des joueurs. […] Ils sont rentrés dans un rapport de force avec l’entraîneur. Et on l’a vu, l’entraîneur n’a pas été capable de sortir les joueurs du bus. Tout comme le président de la Fédération. […] J’ai pris la parole un jour (au Conseil fédéral, ndlr). J’ai dit que Raymond Domenech ne peut pas prendre en otage le football français. Il lui faut une autorité pour lui dire qu’il y a certaines choses qu’il ne peut pas faire. On m’a répondu : "on lui a dit et il ne veut pas changer". Mais s’il ne veut pas changer, il y a des décisions à prendre… […] Jean-Pierre Escalettes, je le connais depuis que j’ai 20 ans. Il a fait du bon travail. Mais dans la gestion de l’équipe de France, il s’est trompé. »

Son avenir
« Président de la Fédération ? Ah, pas du tout ! On ne peut pas l’imaginer. Mais je suis à disposition (de la Fédération, ndlr). »