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Da Fonseca répond aux critiques sur les frasques de Maradona

Invité de l'émission Rothen Régale ce vendredi sur RMC, Omar da Fonseca, consultant sur beIN Sports, a donné son avis sur les excès de Diego Maradona, décédé à 60 ans d'une crise cardiaque.

Faut-il tout pardonner à Diego Maradona, décédé mercredi d'une crise cardiaque? Mettre en avant ses exploits bien plus que ses excès? Christian Gourcuff a ouvert le débat ce vendredi en conférence de presse. S’il s’incline devant le fabuleux joueur que l’Argentin a été durant sa carrière, l’entraîneur du FC Nantes aimerait que les hommages soient un peu plus nuancés.

"Maradona, je l'ai admiré, je l'ai vu évoluer dans ses meilleures années. Sur le plan technique, sur le plan de la virtuosité, c'était phénoménal. C'était un joueur d'exception. Après, c'était sans doute un chic type, je ne sais pas, je ne le connais pas. Mais il a eu une vie qu'on ne peut pas donner en exemple. Il faut relativiser, ce n’est pas parce qu'il est décédé qu'il doit devenir un exemple pour la jeunesse", a-t-il déclaré.

"Est-ce qu’il n’incarnait pas la complexité de l’humain?"

Invité de l’émission Rothen Régale sur RMC, Omar da Fonseca, consultant sur beIN Sports, a réagi aux propos du technicien nantais. Sans le défendre aveuglement, il a tenu à rappeler la trajectoire singulière de Maradona et à recontextualiser ses excès. "Evidemment, il faut peser les mots. Si on dit que c’est un exemple, non. Se droguer, avoir plusieurs femmes, il ne faut pas le faire. Mais vous n’avez pas idée de ce qu’est la banlieue sud de Buenos Aires dans les années 1960. Un jour, il avait dit qu’il venait de la cave, du sous-sol et qu’il avait touché les étoiles. Il s’est retrouvé seul à un moment donné. Il a connu le trou et il s’est aussi baigné dans des endroits où il y avait des robinets en or", a souligné l’ancien joueur argentin, qui a eu la chance de rencontrer et d’échanger avec Maradona.

"Est-ce qu’on peut comprendre? A 13-14 ans, il avait signé une publicité pour une marque de soda pour 20 millions d’euros. En 1975, il s’était acheté une Ferrari. Est-ce qu’il n’incarnait pas la complexité de l’humain? Est-ce que nous ne sommes pas à un moment gris foncé, avec notre fragilité, notre médiocrité et nos failles? Evidemment, je ne veux pas que mes enfants fassent ça. Mais on ne peut pas l’accabler comme une mauvaise personne", a rappelé Omar da Fonseca. Et d'ajouter: "Et d’un point de vue sportif, je crois que personne n’a eu cette dimension. Il avait dépassé le cadre du football." Sur ce plan, tout le monde sera d'accord.

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RR