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Des sélectionneurs sous pression en Afrique

En Afrique, les entraîneurs n'ont pas les pleins pouvoirs. Le choix des joueurs peut par exemple être le fait du Président de la République !

En Afrique, être sélectionneur c’est aussi savoir avaler des couleuvres. En effet parfois, le choix des joueurs peut être le fait du Ministre, voire du Président de la République.
En 1990 par exemple, l’avant-centre camerounais Roger Milla a disputé la Coupe du Monde en Italie par décret présidentiel. C’est comme si Nicolas Sarkozy imposait à Raymond Domenech de prendre Trezeguet en équipe de France pour l’Euro…
Et cette année, le président béninois Yayi Boni a imposé à son sélectionneur la présence d‘une star locale.

Avec l’équipe du Ghana, le sélectionneur français Claude Le Roy est plus tranquille : « Tout le monde sait quel mauvais caractère j’ai. Jamais personne ne s’est amusé à me faire subir des pressions. »
Le président ghanéen, John Kufuor, est toutefois venu voir les joueurs récemment, mais "simplement pour les encourager", explique l’entraîneur français. Il leur a dit qu’il fallait toujours bien écouter le coach, tout en rappelant malicieusement que lui, le Président, restait le coach du coach.

Claude Le Roy (qui fête ses 60 ans aujourd’hui) ne fera en tout cas aucun compromis. « Moi si jamais quelqu’un essaye de me faire subir quoi que ce soit, le lendemain je suis dans l’avion ! », conclut-il.

La rédaction avec Gilbert Brisbois