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Di Meco : « Avec Cantona, tout est possible ! »

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Ancien partenaire d’Eric Cantona à l’OM et chez les Bleus, le consultant RMC Sport a aussi baigné dans la politique à la municipalité de Marseille. Témoin attentif du combat politique de l’ancienne idole de Manchester United avec Emmaüs, il livre son point de vue. Sans langue de bois.

Eric, que vous inspire la démarche d’Eric Cantona, à la recherche des 500 signatures en vue des élections présidentielles ?

J’ai un avis favorable. Je trouve bien qu’un ancien joueur de foot, quelqu’un de la société civile, s’implique dans le débat présidentiel sur un sujet aussi sensible que le logement, l’une des préoccupations prioritaires des Français. Eric n’a pas caché son envie de placer ce sujet au cœur du débat même s’il n’ira sans doute pas plus loin. Je trouve cela plus courageux et plus productif que les propos de Yannick Noah, lors de la dernière présidentielle, lorsqu’il avait affirmé qu’il partirait à l’étranger si Nicolas Sarkozy était élu. Je suis sûr que Cantona sera entendu par une partie des Français qui sont dans la panade. Il risque d’avoir de bons sondages. Tous ceux qui le défoncent (sic) aujourd’hui sur le fait qu’un joueur de foot ou un people ne doit pas faire de politique, je suis sûr qu’ils vont bientôt le trouver sympathique.

S’il obtient les 500 signatures, Cantona peut-il se présenter ?

Avec Eric, tout est possible ! D’après moi, il n’a pas envie de se présenter. Il sait qu’il n’y a que des coups à prendre. Mais il est capable de les prendre ! S’il continue à être dénigré par la classe politique et s’il est haut dans les sondages, tout est possible.

Vous avez fait de la politique, notamment à la municipalité de Marseille. A quoi doit-il s’attendre ?

J’avais l’habitude de dire : « ce qu’il y a de bien dans le sport, c’est que ton adversaire a un autre maillot que toi ». En politique, parfois pour ne pas dire souvent, les adversaires ont le même maillot. Il y a souvent des coups dans le dos de tes partenaires. Eric ne fait pas partie d’un parti politique, ce sera donc plus facile.

Son passé de footballeur va-t-il le desservir ?

On va vite le savoir. S’il a vite les 500 signatures et s’il monte haut dans les sondages, cela voudra dire qu’il intéresse les gens. Contrairement à beaucoup d’autres, Eric ne vendra pas son âme pour un siège. On reproche souvent aux « footeux » de ne pas avoir de cerveau, de ne pas s’intéresser à ce qu’il y a autour d’eux. Cela n’a jamais été le cas pour Eric. Il a envie de monter au créneau pour défendre une noble cause. Et il n’a pas besoin de ça pour être connu.

Vous avez été équipier à l’OM et chez les Bleus. Un destin politique était-il envisageable à cette époque ?

Il s’est toujours intéressé à ce qui se passe autour de lui. C’était mon pote. On faisait souvent chambre ensemble. On parlait de beaucoup de sujets en dehors du foot. Ça ne m’étonne pas qu’il se soit engagé avec Emmaüs. C’est dans la logique des choses. Il ne prenait pas souvent la parole mais il s’intéressait toujours à ce qui se passait dans le vestiaire, notamment quand il y avait des injustices. Il a fait des sorties mythiques ! Il était capable de monter au créneau pour défendre un « petit » du centre de formation. Pour eux, Eric était toujours là.

Voteriez-vous pour lui ?

Son combat pour le logement est juste. Mais je ne sais pas s’il va nous parler d’autres choses. Je ne suis pas sûr d’avoir les mêmes convictions politiques que lui. Mais je vais l’écouter avec attention. Et je suis content qu’il soit là.