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Dugarry tacle la nouvelle génération

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Invité exceptionnel de Luis Attaque sur RMC, Christophe Dugarry s’est lâché sur l’état d’esprit des joueurs actuels. Culte de l’argent, manque de respect, désamour du football : la jeune génération en prend pour son grade.

Il passe son temps à regarder des matches. A suivre l’actualité du ballon rond. Consultant star de Canal +, Christophe Dugarry baigne toujours dans le milieu du foot. Mais à la périphérie. Pas en plein cœur. Et à l’heure de l’interroger sur cette volonté de ne pas retrouver le terrain, sur un banc ou comme dirigeant, le champion du monde 1998 a des arguments. « Je ne pense pas avoir les codes de la nouvelle génération, explique Duga dans l’émission Luis Attaque, sur RMC. Avec mon caractère, je n’aurais pas la pédagogie pour la gérer. Aujourd’hui, les footballeurs n’aiment pas leur sport. Ils aiment ce qu’il y a autour. Et ils ont pris le pouvoir. Ils tiennent les clubs quasi en otage. Un joueur à gros salaire, vous ne pouvez pas trop l’envoyer jouer en réserve s’il se comporte mal car il met l’économie du club en péril. On en voit beaucoup mettre la pression à leur président pour partir. On a aussi vu des présidents menacer un joueur d’aller en réserve s’il ne prolongeait pas. Il y a beaucoup de tensions dans ces relations. Pour les joueurs, c’est devenu un métier, pas une passion. Ils n’imaginent qu’ils n’ont que des dus, pas des devoirs. »

Problème d’état d’esprit, donc. De choix, aussi. « J’adore Loïc Rémy mais il ne peut pas quitter Marseille pour aller aux QPR, juge Dugarry. Dans un choix sportif, ce n’est pas possible. Quand je vois Julien Faubert revenir aux Girondins, ça me fait rigoler. Ce garçon était en équipe de France. Il a signé à West Ham pour finir aux Glasgow Rangers. Quand le but ultime est de jouer une Coupe du monde, de vivre des émotions et d’être un grand joueur, on ne peut pas faire des choix sportifs comme ça. Ou alors, on le dit, et on assume un choix purement économique. »

« Si Zizou me demandait mon avis, je ne lui conseillerais pas d’être entraîneur »

Un constat difficile à digérer. Et que Dugarry ne voit pas changer de sitôt. « Quelles sont les solutions pour les clubs aujourd’hui ? Un Ménez, il se comporte mal, tu vas le mettre plusieurs matches sur le banc, son agent va arriver, il va partir et tu auras toujours un club pour le prendre, explique l’ancien international. Il faut accepter de perdre des bons joueurs qui ont un mauvais comportement. Mais est-ce que les présidents, les clubs et l’économie française peuvent se permettre cela ? Je n’en suis pas persuadé. Avant, pour les joueurs, le but ultime était l’équipe de France. Cette priorité n’existe plus et ce qui m’inquiète, c’est que je ne vois pas comment on peut inverser la tendance. »

Une question s’impose alors. Ce foot moderne va-t-il doit dans le mur ? « L’ensemble du foot européen arrive à un tournant. On a l’exemple de Paul Pogba, le joueur de la Juventus qui était à Manchester United. Ferguson ne l’a pas gardé à cause d’un problème de comportement. Ce n’est pas le talent du garçon qui est remis en question. Les joueurs en veulent toujours plus tout en en donnant de moins en moins. Et ce n’est pas que français. » Et Zidane, dans tout ça ? Grand ami de Dugarry, l’icône du foot français a décidé de devenir coach et de gérer cette jeune génération qui effraie tant Duga. « S’il me demandait mon avis, je ne lui conseillerais pas d’être entraîneur, lance Christophe. Mais si Zizou ressent cette envie au plus profond de lui, pourquoi pas. Il a une vraie vision de ce sport. » Reste à savoir si les jeunes footballeurs permettront à ZZ de l’appliquer.

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