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A Paris aussi, le SOS du « foot d’en bas »

Le logo de la FFF.

Le logo de la FFF. - -

C’est un club amateur comme il en existe des milliers, même s’il peut s’enorgueillir d’avoir participé à l’éclosion de la nouvelle pépite bleue, Marvin Martin. Le CA Paris (14e arrondissement de la capitale) nous a ouvert ses portes, à quelques encablures de l’élection du président de la FFF. Les besoins sont aussi vastes que les attentes.

Dans toutes les bouches, le même refrain. Même dans ce quartier tranquille du sud parisien, a priori épargné par ce genre de souci : le manque de moyens. « On a des galères tous les jours ici », confie Victor Barrientos, l’un des entraîneurs du CA Paris (dont l’équipe première évolue en DSR, 7e division), ancien préparateur physique du PSG. « On n’a pas assez de véhicules pour transporter les joueurs, explique François Gonzalez, éducateur et dirigeant du CAP. Pour les plus jeunes, les parents sont là. Mais à partir de 13 ans, on doit souvent prendre les transports en commun. » Et Barrientos d’appuyer : « Il faut parfois marcher trois kilomètres, prendre le métro, le bus… On doit partir trois heures avant un match ! » D’autres images renvoient au côté « débrouille permanente ». Celle d’enfants qui transportent les ballons dans des cartons plus grands qu’eux. Celle de Rolland Christophe, médecin généraliste et père d’un des enfants, qui assure des consultations gratuites dans un coin de vestiaire pour « éviter aux parents d’aller chez leur médecin traitant ».

10 000 euros annuels pour les arbitres

Les soucis se multiplient. « Au niveau des infrastructures, même à Paris, on a une plage horaire minimale. Il nous faudrait au moins 20 à 30% de plus, confirme Gonzalez. On a aussi un manque de matériel. Quant aux éducateurs, on en trouve, mais il faut les rémunérer. Le mot amateur n’existe plus. » François, père d’un jeune joueur, appuie : « On a parfois une soixantaine de gamins pour 4 ou 5 éducateurs… » Même l’arbitrage pose des problèmes. « On dépense 10 000 euros par saison pour les arbitres envoyés par la Ligue, s’indigne Barrientos. C’est aberrant ! On pourrait former les jeunes footballeurs à l’arbitrage, ça coûterait moins cher. Il y a aussi la sécurité dans les stades, très mal assurée. » Les attentes sont donc immenses. « La FFF doit faire des efforts car le monde amateur est la base de la formation des pros », indique Barrientos.

« La FFF donne l’impression de s’occuper du monde pro plus que des gamins, poursuit Rolland Christophe. Même sur un plan médiatique, ce serait plus malin de renvoyer l’image inverse. C’est une question d’état d’esprit et de volonté, pas de budget. » Thierry Guillot-Noël, le président du CAP, va dans ce sens : « On aurait besoin de subventions de la FFF. Pourquoi pas sur les rentrées des droits TV ? » Mais il n’oublie pas de donner des bons points à la « 3F » : « On a pu acheter deux minibus financés à 50% par la FFF. Elle nous a également aidés suite à l’incendie du clubhouse l’an dernier. » Père d’un enfant du CAP, Azzedine milite pour l’idée de « solidarité » : « Si chaque pro versait un infime pourcentage de son salaire aux amateurs, ça ferait bouger les choses. » A bon entendeur…