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Abidal : « Je n’ai pas retrouvé mon meilleur niveau »

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EXCLU. Invité exceptionnel de Luis Attaque, Eric Abidal évoque la tant attendue double confrontation face à l’Ukraine, les 15 et 19 novembre, pour le barrage qualificatif à la Coupe du monde. Sans oublier de revenir sur son cas personnel.

Eric, êtes-vous impatient ou angoissé avant ces barrages ?

Il n’y a pas d’angoisse, au contraire. Il faut aborder ces deux matches avec confiance. Ce sont toujours des matches particuliers, un peu une finale sur deux matches. Il faut rester bien concentré et aborder le tout avec le bon état d’esprit. L’objectif, c’est Rio. Il faut faire des sacrifices, ne pas calculer les efforts, avoir un état d’esprit de guerriers et tout donner pour passer. Il y a tout un pays derrière nous. On se doit de jouer deux fois 90 minutes à fond.

Avec trois victoires de rang, on sent un renouveau en termes de confiance chez les Bleus. Était-ce essentiel pour aborder au mieux ces barrages ?

En Biélorussie (victoire 4-2, ndlr), on a fait une bonne seconde période et on a su enchaîner avec deux bons résultats (6-0 contre l’Australie, 3-0 face à la Finlande, ndlr). On a montré un autre visage, celui qui correspond à l’équipe de France. Il faut essayer de ne pas le perdre, surtout dans un moment clé comme ce barrage. On a démontré qu’on était capable de hausser notre niveau. C’est important, à ce moment-là de la saison, de pouvoir être craint par pas mal d’équipes, notamment l’Ukraine. On sait ce qu’on peut faire, et ce qu’on doit faire, pour gagner ces deux matches.

L'Ukraine était-elle le tirage idéal pour ces barrages ?

Il n’y a pas de match facile. S’ils se retrouvent en barrages, c’est que ça reste une équipe de qualité, qui en a mis d’autres à défaut. A nous d’être vigilants. Si on s’en donne tous les moyens et qu’on évolue au niveau auquel on doit jouer, une victoire là-bas est plus que jouable. Il faut avoir confiance en nous mais y aller avec beaucoup de prudence et ne pas prendre cette équipe à la légère.

Vu votre parcours personnel depuis deux ans, disputer une Coupe du monde au Brésil serait exceptionnel

Avec ce que j’ai vécu, c’est déjà incroyable de pouvoir revenir avec les Bleus. La suite passera par de bons matches en club. Cette Coupe du monde, ce serait la cerise sur le gâteau. Mais avant qu’il y ait la cerise, il faut avoir tous les ingrédients… On les a. A nous de bien les utiliser sur ces deux matches.

On vous sent imperméable à la pression. Votre façon d'aborder le foot a-t-elle changé depuis vos problèmes de santé ?

Certainement. Sur les matches importants, moins tu te mets de pression, moins tu passes à côté. On a toujours dit qu’il ne fallait pas jouer les matches avant l’heure et c’est vrai. L’état d’esprit, c’est de booster le groupe. La pression, il faut s’en servir, qu’elle soit positive.

Votre expérience sera-t-elle essentielle dans cette optique ?

Je ne sais pas si je suis important dans ce groupe. Beaucoup de joueurs le sont, sur le terrain comme en dehors avec des discours positifs. C’est ce qui aide à augmenter le niveau de jeu du groupe.

Que représente le maillot bleu pour vous ?

L’équipe de France est importante pour tous les Français. C’était un rêve de gosse. J’ai la chance d’y être et il faut mouiller le maillot à chaque fois, donner l’exemple et se donner à 100% car c’est un sacrifice de groupe qui sert à tout le pays.

Avez-vous retrouvé votre meilleur niveau depuis votre retour en France ?

Honnêtement, non. C’est vraiment différent. Après ma maladie, je n’ai pas joué pendant longtemps. Désormais, je ne vais pas dire que je gère mais j’essaie de faire au mieux. A partir du moment où l’entraîneur est satisfait et où je joue, j’essaie de donner 100% de mes capacités. Après, je comprends totalement le fait qu’on puisse me mettre de côté ou me faire souffler car je pense groupe. Peu importe le joueur aligné, l’essentiel est de gagner ensemble. Il y a toujours de la concurrence. Beaucoup de joueurs ont participé à cette phase de qualifications et tous n’iront pas au Mondial. Mais tous auront tout donné pour que l’équipe de France puisse y accéder.

Avez-vous essayé de convaincre Jérémy Toulalan de revenir en équipe de France ou n'a-t-il vraiment plus envie ?

On en a parlé avec lui mais je n’aime pas trop m’étaler sur le sujet. Il a pris la décision de ne pas revenir en équipe de France, c’est un choix qui lui appartient même si ça reste une perte pour les Bleus car c’est un énorme joueur, qui court dans tous les sens et récupère beaucoup de ballons. Il nous fait du bien à Monaco et il en ferait aussi beaucoup à l’équipe de France.

Pensez-vous qu'il reviendra sur sa décision ?

Il faut lui demander. Il a dit au sélectionneur qu’il ne serait pas près de revenir.

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Luis Attaque