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Abidal: "Knysna reste un échec, mais pas un mauvais souvenir"

Eric Abidal sous le maillot de l'équipe de France.

Eric Abidal sous le maillot de l'équipe de France. - AFP

DOCUMENT RMC SPORT. Trois jours après avoir officialisé sa retraite sportive, Eric Abidal était l’invité de Luis Attaque. Au micro de Luis Fernandez, l’ancien joueur du Barça est revenu sur les temps forts de sa carrière, et réclame un peu de temps avant d’entamer sa reconversion. Au Barça, à l’Olympiakos voire à l’UEFA.

Eric, quand as-tu exactement pris ta décision de mettre un terme à ta carrière ?

Il y a de ça un mois et demi. Je n’ai plus senti cette détermination, cette envie que j’ai toujours eue tout au long de ma carrière. Je faisais les efforts par rapport au groupe, par rapport au président, par rapport au club parce que tu te dois de faire ton métier de la meilleure manière qui soit. Mais en aucun cas, je ne voulais pénaliser l’équipe et rester là sans avoir cette envie.

Que comptes-tu faire dans l’immédiat ?

Premièrement, me reposer et profiter de ma famille. Un repos physique mais aussi un repos mental puisque tu sais que dans le football, il y a énormément de stress. Des fois, c’est un stress positif. D’autres fois, c’est un stress par rapport au résultat, à l’environnement. Mais je vais vraiment couper par rapport à tout ça, surtout mentalement. Je vais profiter de ma famille, faire plaisir à mes enfants, faire des voyages, faire des choses que je n’ai pas pu faire durant ma carrière notamment du ski même si un black sur des skis, c’est très rare !

Après, le moment sera venu de penser à ta reconversion…

Déjà, pour être honnête, parce que tu sais que je te dis toujours la vérité, je n’arrête pas ma carrière pour retourner au Barça. J’arrête ma carrière parce que je sens que c’est le moment. Derrière, j’ai la chance d’avoir une opportunité avec le Barça. Mais il faut savoir que j’ai aussi une opportunité avec l’Olympiakos, et que j’ai déjà été approché par l’UEFA. Et puis, j’ai créé ma fondation donc il faut que j’y consacre du temps. Je vais essayer de faire les choses de la meilleure manière qui soit.

Dans tous les cas, tu resteras dans le milieu du football ?

Oui, oui, surtout essayer de transmettre ce que j’ai pu apprendre, surtout pour les jeunes. C’est un peu ce que m’a proposé le Barça. Mais aussi l’Olympiakos, qui m’a fait une proposition dans l’organisation par rapport aux présaisons, au sponsoring, au marketing.

Avant de se projeter, un dernier coup d’œil dans le rétro de ton immense carrière.Quel est ton plus mauvais souvenir : Knysna et la Coupe du monde 2010 ?

Non, je ne vais pas parler de mauvais souvenir. Après, oui, ça reste un échec. Il y a eu un échec aussi à l’Euro en 2008. Je crois que l’important, dans notre métier, c’est de pouvoir rebondir et tourner la page très rapidement. Certes, on fait toujours des erreurs parce que l’erreur est humaine mais c’est en vivant avec ces erreurs qu’on arrive à pouvoir avancer pour justement essayer de tout faire pour ne pas les répéter.

Quel entraîneur t’a le plus marqué ?

Claude Puel m’a marqué avec son état d’esprit. Je pense que c’est ce qui m’a forgé aussi un caractère à Lille. Il a vraiment inculqué à tous les joueurs cette envie, cette gagne, cette rage de vaincre, cette envie de te battre sur le terrain. C’est aussi lui qui m’a permis de pouvoir vivre ce rêve de gosse. Mais je vais dire aussi Pep Guardiola parce que ça reste un classique dans le monde du football. Quelqu’un de très intelligent, qui respire le foot.

Et quels sont les joueurs qui t’ont le plus inspiré ?

Par rapport au show sur le terrain, ça restera ‘Ronnie’ (Ronaldinho) et de loin. L’élégance, ça restera Zinédine (Zidane). Et après, le numéro un des records sur record sur record, ça restera Léo (Messi).

Un dernier mot sur un autre joueur, en l’occurrence ton ami Franck Ribéry : comptes-tu le conseiller pour qu’il revienne sur sa décision de ne plus jouer en équipe de France ?

Je ne suis pas là pour donner des conseils à Franck. Chaque joueur est comme il est. Il a pris une décision de ne pas y aller. Je pense qu’il y a aussi d’autres joueurs, qu’on ne cite pas, qui ont pris aussi la décision mais qui ne l’ont pas dévoilé. Mais voilà, il a fait un choix, certes difficile à accepter, mais lui seul sait pourquoi il ne veut pas y aller. En tout cas, je sais que pour moi, c’est fini !

Comprends-tu sa décision alors qu’il a encore sa place en Bleu ?

Il faut savoir que l’équipe de France, ce n’est pas facile. Certes, je pense que c’est le ‘best’ pour un joueur français mais ce n’est pas évident. Il y a énormément de pression, énormément de stress. Tu essayes toujours de te qualifier pour les grandes compétitions et à la moindre petite erreur, tu te fais taper sur les doigts.

Luis Attaque