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Bini : « Les armes pour aller au bout »

Bruno Bini

Bruno Bini - -

A six jours de son entrée en lice aux Jeux olympiques de Londres, l’équipe de France affronte le Japon, jeudi au stade Charléty (17h15). L’occasion pour le sélectionneur tricolore et ses joueuses de peaufiner les derniers détails avant de partir à la conquête de l’or.

Bruno Bini, comment abordez-vous ce match préparation contre le Japon ?

« Ça reste un match de préparation. On ne s’enflammera pas si on gagne et on ne sera pas abattu si on perd. L’objectif, c’est d’être prêt le 25 juillet.

A quel niveau situez-vous votre équipe ?

Je dirais à 85%. Et que l’on sera à 100% contre les Etats-Unis. On a tout prévu pour que ce soit comme ça. Après, le football est tellement bizarre…

Quelles sont les équipes que vous redoutez le plus ?

Je redoute les onze équipes. Peut-être douze en ajoutant la nôtre. C’est une compétition très resserrée. Sur les douze équipes, il y en a huit qui peuvent prétendre au dernier carré, donc ça va être très, très serré. J’ai une philosophie qui fait que je prends que ce que la vie me donne. Alors qu’on redoute ou qu’on ne redoute pas, il va falloir jouer, c’est tout. Pour aller au bout, les filles doivent être douées et dures. Et être dure, c’est aimer jouer les matches de haut niveau contre les grandes nations. Si on veut se positionner comme une grande nation du football féminin, il faut passer par là. Vous savez, depuis la Coupe du monde (4e place en 2011), je ne suis pas persuadé que les autres équipes soient très contentes de jouer contre nous.

« Il y a un an, on avait une équipe en bois… »

N’y a-t-il pas donc trop d’attente autour de l’équipe de France ?

C’est rigolo parce qu’il y a un an, avant d’aller à la Coupe du monde, certaines personnes disaient que l’on avait une équipe en bois, qu’on allait faire trois matches et rentrer chez nous, comme d’habitude. Et puis, un an après, ces mêmes personnes disent qu’on va être champion olympique. Et c’est encore les mêmes qui voyaient les garçons champions d’Europe au bout de deux matches et qui les ont ensuite tués. Nous, on prend donc beaucoup de distance vis-à-vis de ça. On sait qu’on a l’équipe pour aller au bout. On sait aussi qu’on peut très bien ne pas sortir des poules ou se faire sortir en quarts. Mais c’est la première fois qu’on sent que l’on a les armes pour aller au bout.

Lors de la dernière Coupe du monde vous avez perdu contre l’Allemagne, les Etats-Unis et la Suède qui sont trois grosses nations dans le football féminin. Parler donc de titre olympique, n’est-ce pas un prématuré ?

Une compétition ne ressemble jamais à une autre, donc nous verrons bien. Ces trois défaites nous ont permis de gagner en expérience. Même si je mets de côté le match contre la Suède pour différentes raisons (match de classement pour la troisième place perdu 2-1, ndlr). On perd 3-1 contre les Américaines en demi-finale mais on les a bien bougées. On verra lors des Jeux olympiques si ces équipes constituent toujours des sommets trop hauts pour nous. Nous on n’y pense pas, mais on s’est bien préparé pour faire les ascensions de toutes ces montagnes. »

Propos recueillis par Jérémy Sirvin