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Bizutage réussi pour les nouveaux Bleus

Marvin Martin

Marvin Martin - -

Trois jours après son nul en Biélorussie (1-1), la France s’en est remis au talent en fin de match de Marvin Martin, passeur décisif et auteur d’un doublé, de Kaboul et de Gameiro pour s’offrir un large mais laborieux succès amical en Ukraine (1-4).

On dit de lui que Lille, Lyon et le PSG le suivent. Qu’il est, conscient de sa capacité à voir plus haut, sur le départ. Marvin Martin aura peut-être beaucoup plus de prétendants suite à son incroyable et retentissante prestation en Ukraine. Car c’est bel et bien le Sochalien qui a renversé le sort des Bleus lundi soir, un sort mal engagé après l’ouverture du score casquette de Tymoshchuk (53e). « Je suis très content pour lui, a expliqué Franck Ribéry. Je ne savais pas qu’il allait jouer et connaitre sa première sélection ce lundi soir. C’est un très bon joueur. Je pense que le dur commence pour lui. Ça ne sera pas facile. Des joueurs qui ont marqué deux buts pour leur première sélection, il n’y en a pas beaucoup.» 

Avant le show Marvin Martin, les hommes de Laurent Blanc ont pratiqué un football indigent, souvent inquiétant et rarement emballant, dans la droite lignée de ce qu’ils avaient proposé trois jours plus tôt en Biélorussie et en mars dernier contre la Croatie (0-0). Que Gameiro, Menez et Rémy aux avant-postes, que Cabaye, Matuidi et M’Vila au milieu bégaient leur football, il fallait s’y attendre. Le manque de vécu commun et d’automatismes obligent. Mais ces joueurs-là avaient une carte à jouer lundi soir. Laurent Blanc leur avait entrouvert la porte, celle susceptible de leur offrir un peu plus de temps de jeu et plus, qui sait, dans les mois à venir.

Kaboul, heureuse première

Hormis Kévin Gameiro, auteur du but égalisateur et à un degré moindre, Loïc Rémy, son passeur décisif, aucun d’entre eux ne l’a saisi. A l’image d’un Sakho, toujours aussi fébrile. Et d’un Steve Mandanda, impatient de traduire son excellente saison avec l’OM sur le plan international, et auteur d’une incroyable bévue sur sa seule véritable intervention chaude de la soirée…

On aurait pu s’acheminer vers un nouveau nul inquiétant. Et la perspective qu’après un plan A indigent, le plan B proposé lundi ne valait guère mieux côté français. C’était avant l’entrée en jeu de Martin (76e). Au culot, le Doubiste aura tout changé. Tout de suite dans le tempo, il déchire une première fois les filets de Pyatov (87e), avant d’offrir à Younes Kaboul, moins emprunté que Sakho derrière, son premier but en Bleu (89e), puis, toujours dans son style détonnant, d’arracher la lucarne ukrainienne (90e+2). Lui, Kaboul et Gameiro auront apporté le zeste de fraîcheur qui a longtemps tant manqué à ces Bleus lundi soir, bien aidé il est vrai par la baisse de régime adverse. Et jeté aux oubliettes 70 minutes d’une véritable indigence.