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Blanc, chronique d’un départ annoncé

Laurent Blanc

Laurent Blanc - -

Après deux ans à la tête de l’équipe de France, Laurent Blanc a décidé ce samedi de ne pas prolonger son contrat et donc de ne pas poursuivre l’aventure avec les Bleus. La fin d’un long feuilleton à l’issue prévisible. Décryptage.

Quasiment deux ans jour pour jour après sa nomination à la tête de l’équipe de France, Laurent Blanc a donc décidé de quitter les Bleus. Un communiqué de la Fédération française de football tombé en milieu d’après-midi ce samedi a officialisé une nouvelle qui s’était ébruitée quelques heures plus tôt. Laurent Blanc a contacté Noël Le Graët, son président, afin de ne pas « solliciter la reconduction de son contrat de sélectionneur national. » Malgré une longue entrevue jeudi, au siège de la FFF, et un délai de réflexion supplémentaire de 48 heures, le technicien ne souhaite pas poursuivre l’aventure. Tout sauf une surprise. Malgré un objectif sportif atteint, un quart de finale à l’Euro, tout semblait indiquer que le Cévenol n’allait pas rester aux commandes de l’équipe de France.

L’intéressé, dans un bref communiqué à l’AFP, a justifié son départ en déclarant : « Lors de nos entretiens du 28 juin, nous (avec M. le Graët) ne sommes pas parvenus à trouver un terrain d'entente autour du management de l'équipe de France pour les deux saisons à venir ». Il s’agit en effet d’un point de désaccord important entre les deux hommes. Réputé pour être un gestionnaire intransigeant, Noël Le Graët, qui n’avait pas géré l’arrivé de Blanc il y a deux ans (c’était son prédécesseur Fernand Duchaussoy), a exigé que son staff, actuellement composé de 22 membres, soit réduit à 10 personnes. Objectif : économiser deux millions d’euros. Inconcevable pour Laurent Blanc.

Blanc voulait poursuivre jusqu’à l’Euro 2016

Mais ce n’est pas tout. Bien avant l’Euro, l’attitude du président de la « 3F » avait déjà refroidi l’ancien défenseur international. Celui-ci se voyait pourtant bien travailler sur la durée et même poursuivre l’aventure jusqu’à l’Euro 2016 organisé en France. Surtout, il souhaitait prolonger son contrat avant le championnat d’Europe en Ukraine. Refus de Noël Le Graët. Dès lors, Blanc a eu l’impression d’être placé sous surveillance par son président, l’interprétant comme un manque de confiance et de considération par rapport au travail effectué après le fiasco de Knysna. Ces deux forts caractères n’ont pas réussi à trouver un terrain d’entente. Enfin comment ne pas voir dans l’affaire des quotas, au printemps 2011, la première fissure de l’ère Blanc. Fragilisé après ce douloureux épisode au point de s’exiler une semaine en Italie, Blanc avait songé à démissionner. Aujourd’hui, même s’il n’a pas eu besoin de le faire, son départ est une réalité.

Aurélien Brossier avec Jean Rességuié