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Blanc : « Evra est sélectionnable »

Laurent Blanc

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EXCLU RMC SPORT.- Laurent Blanc était l'invité exceptionnel de Jean-Jacques Bourdin ce matin à 8 heures 30 sur RMC et BFM TV. Avant de dévoiler son groupe pour France-Brésil à 14 heures, le sélectionneur des Bleus s'est exprimé sur les cas Evra, Gourcuff et les déclarations récentes de Chantal Jouanno. Entretien.

Laurent Blanc, vous allez annoncer à 14 heures le groupe pour affronter le Brésil mercredi. En quoi ce match est-il important ?
Il l'est dans la mesure où on est en période de construction. Ce sont les résultats qui vont nous faire progresser et prendre confiance. Ces matches de prestige sont la possibilité d’augmenter notre confiance, d’abord individuelle puis collective, pour remplir notre objectif de se qualifier pour l’Euro 2012.

Patrice Evra sera-t-il dans la liste ?

Je ne vais pas vous donner la liste même si elle est dans la poche intérieure de ma veste. Vous saurez à 14 heures s’il est sélectionné. Patrice Evra a été présélectionné comme 60 autres joueurs. Il a terminé sa suspension. Il est donc sélectionnable. Il est à la disposition de l’équipe de France. D’après ce que j’ai entendu il souhaite revenir. Il est titulaire dans un club pas n’importe lequel et que je connais bien en plus : Manchester United. Il fait partie des joueurs titulaires dans un grand club. Il n’y en a pas tellement des joueurs français titulaires dans des grands clubs étrangers. Mais il joue à un poste où il y a énormément de concurrence. C’est peut-être le poste où il y en a le plus en équipe de France. Il y a 4 ou 5 arrières gauche qui peuvent prétendre à être appelés en équipe de France. J’ai entendu que j’avais eu un entretien avec Sir Alex. Cela m’arrive mais ça fait très longtemps que je n’ai pas discuté avec lui. J’ai quelques antennes à Manchester. En club, Patrice Evra a retrouvé un certain niveau.

S’il est rappelé, craignez-vous les sifflets du public ?

Les gens ont du mal à oublier ce qui s’est passé, à oublier certains visages ou certains noms, qui ont, à leurs yeux, contribué ou ont été meneurs. Je comprends ce sentiment. Il faut assumer et surmonter la relation avec le public. Le meilleur moyen d’oublier est de se projeter vers l’avenir. Ce qui fait penser à l’Afrique du Sud n’est pas bon pour nous.

Yoann Gourcuff est-il dans votre liste ?

Il est dans la liste des présélectionnés. Il traverse une période difficile. Il fait partie des joueurs qui ont du mal à digérer les événements de Knysna. Il évolue dans le championnat de France et comme les joueurs de L1, il a du mal à surmonter ce qui s’est passé. Derrière ça, il y a eu son changement de club. Il a du mal depuis un certain temps. Il faut l’aider. C’est un jeune joueur encore. Il n’a que 23 ans. Il faut lui redonner confiance en lui donnant des signaux. Dans ce secteur de jeu, avec la blessure de Samir Nasri et la longue indisponibilité d’Abou Diaby, on n’avait pas beaucoup d’autres possibilités.

Que répondez-vous aux déclarations de Chantal Jouanno ?

Chacun a le droit d’avoir son avis. Les politiques ont le droit d’avoir un avis et moi d’avoir un avis contraire. Je suis libre. Nous ne prenons que des critères sportifs pour constituer la meilleure équipe. On me parle de prendre des jeunes talents mais après 2 ou 3 lourdes défaites, les gens vont être mécontents et c’est le sélectionneur qui va payer les pots cassés.

La question des primes vous empoisonne-t-elle toujours autant ?

Le problème des primes est quasiment réglé. En Angleterre, sur les 12 joueurs présents an Afrique du Sud, je connais leur engrangement. Encore faut-il le signifier administrativement et ça prend du temps. 14 ou 15 ont signés. Il reste 5-6 joueurs qui doivent signer. Chacun restait sur sa position mais s’il n’y a pas de dialogue comment voulez-vous faire avancer le débat ? C’est ce qu’on a fait en Angleterre.

Après Zinédine Zidane, qui viendra visiter les Bleus à Clairefontaine ?

Le Brésil est un match de prestige, mais on va avoir une préparation tronquée. Il y a une journée de championnat le dimanche. Le lundi on ne va rien faire, le mardi on ne va rien faire et le mercredi on va affronter le Brésil. Je souhaite que Raymond Kopa soit là pour faire passer un message : si on a fait une grande carrière en club, faire une grande carrière en équipe de France et gagner des choses avec l’équipe nationale ça vous marque à jamais dans votre carrière. Il faut que l’équipe nationale redevienne un vecteur important.