RMC Sport

Blanc : « J’ai envie de continuer »

Laurent Blanc

Laurent Blanc - -

Invité exceptionnel ce mercredi de Luis Attaque, Laurent Blanc est longuement revenu sur sa première année intégrale à la tête de l’équipe de France. Troisième et dernier volet de cet entretien fleuve : son avenir.

Avez-vous pensé à démissionner, à un moment donné ?

Non, le seul moment où j’ai eu une réflexion sur ce point, c’est au moment de l’affaire des quotas. Je ne suis pas devenu sélectionneur pour en prendre plein la gueule. On peut critiquer la manière de jouer, la façon de manager mais là, ça touchait autre chose que le football. Quand vous êtes pris dans ce tsunami médiatique, plus rien n’arrête les gens, qui parlent, parlent, parlent, pour pas grand-chose. Et puis, ça touche votre entourage, qui n’est pas blindé pour ça.

Cela veut-il dire que vous avez envie de continuer ?

Oui, si on me le propose. J’en ai envie. Parce que je pense qu’on est une jeune équipe, pour qui c’était fondamental d’être à l’Euro 2012 pour acquérir une expérience qui lui sera profitable pour espérer se qualifier pour la Coupe du monde 2014.

Où en êtes-vous d’une éventuelle prolongation de contrat ?

Je suis en fin de contrat. Si on me donne des signes pour prolonger, j’y serai attentif. Si je n’en vois pas, j’envisagerai peut-être autre chose. Je ne veux rien imposer à qui que ce soit. La Fédération Française de Football a le choix. Elle me le dira. Si elle ne me le dit pas, je l’interpréterai. On est en 2011. Je ne taperai pas à la porte du président parce que je n’ai pas de requêtes à lui faire. 

Avez-vous fixé une date à vos dirigeants ?

Il n’y a pas de date butoir. Juste un CDD qui s’arrête à la fin de l’Euro.

Il y a votre staff également, qui sera comme vous en fin de contrat après l’Euro. Comprenez-vous la position de Noël Le Graët, qui souhaite réduire les coûts ?

Il est en train de s’apercevoir que la FFF a fonctionné d’une façon qu’on ne peut plus reproduire aujourd’hui. Je peux comprendre son souhait de serrer les vis. Mais le staff technique de l’équipe de France et son coût ne sont pas si élevés que ça par rapport à ce qui s’est fait dans le passé.

La presse fait écho de divergences entre vous.

(il coupe) Mais vous croyez que vous êtes toujours d’accord avec votre président ? Vous avez le même intérêt pour l’équipe, mais il y a aussi des impératifs économiques que le sélectionneur ne sait pas. Je ne savais pas que nous étions obligés de jouer nos deux matches de novembre à Paris. Quand votre président vous l’explique, si vous n’êtes pas trop idiot, vous comprenez. 

Vous avez entraîné Bordeaux avant de prendre les commandes de l’équipe de France. Pourriez-vous reprendre un club à l’avenir ?

Personnellement, j’ai décidé de devenir sélectionneur parce qu’on me l’a proposé et j’en avais envie. Cela tombait aussi à un moment où j’avais besoin de temps pour accompagner quelqu’un. Mais réentrainer un club reste une ambition personnelle. 

Comme Manchester United, où Sir Alex Ferguson vous considère comme un de ces possibles successeurs ?...

Non. J’étais présent à l’anniversaire de ses vingt-cinq ans sur le banc. Je peux vous dire qu’il en a encore pour un moment. 

Mais l’envie est là, tout de même ?

Ne parlons pas de ce qui n’est pas d’actualité. Il y a des grands clubs, de très grands entraîneurs. C’est compliqué d’entraîner à l’étranger. L’ambition de redevenir entraîneur de club, je n’y pense pas. Je suis trop occupé par mon poste de sélectionneur. 

Vous souhaitiez que la Ligue 1 termine une semaine plus tôt (le 13 mai, ndlr) de façon à améliorer votre préparation pour l’Euro. Les propositions de la FFF ont été rejetées ce mercredi par le bureau de la Ligue. Etes-vous quand même confiant sur ce dossier ?

C’est très compliqué, parce que chacun préserve ses intérêts. Les télévisions, bien sûr, puisqu’il y a eu des contrats signés. Mais ce n’est pas dans mon intérêt. C’est dans celui de l’équipe de France et du football français. Avoir la même préparation que les autres nations ne me semble pas un avantage mais me semble cohérent. Si le championnat devait se finir le 20 mai, on n’aurait peut-être pas la possibilité de faire les trois matches amicaux qui nous sont proposées. On pourrait s’adapter mais ce ne serait pas la meilleure des préparations.

Pour finir, la France peut-elle gagner l’Euro ?

C’est le cœur ou la raison qui parlent ? Si c’est la raison, non. 

Les Bleus n’ont pas le niveau des autres ténors européens ?

Sur un tournoi final, non. Sur un match, oui. 

La France est dans le chapeau 4. Ce qui la condamne peut-être à un groupe de la mort, avec l’Espagne ou l’Allemagne. Ou alors soit la Pologne, soit l’Ukraine avec les Allemands…

J’ai beaucoup de respect pour la Pologne et l’Ukraine. Mais si on tombe sur eux, je pense que c’est mieux.