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Blanc n’a jamais oublié Rousson

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Lundi dernier, le sélectionneur, qui doit livrer sa liste pour France-Brésil ce jeudi (14h), était de retour à Rousson, son village natal dans les Cévennes, à l’occasion d’un colloque d’éducateurs. Car l’enfant du pays n’a jamais oublié ses racines.

C’est une maison anodine, située à deux pas du stade municipal de Rousson. Elle passerait presque inaperçue si elle n’était pas la propriété de la famille de Laurent Blanc. Le sélectionneur de l’équipe de France y revient souvent, pour voir sa mère, qui occupe toujours les lieux, ou pour s’occuper de son père, pensionnaire de la maison de retraite locale.

Cette fois-ci, il a répondu à l’invitation d’Arnold Alphon-Layre, le vice-président du district Gard Lozère, pour participer à un colloque sur le football amateur. « Il y a toujours de l’émotion, glisse-t-il. On n’est pas si loin de là où tout à commencer pour moi. J’ai passé ma jeunesse ici et c’est là où j’ai commencé à jouer au football. »

Ses premiers pas de footballeur, le champion du monde 1998 les fait pendant quatre ans sur le terrain de l’Avenir Sportif Roussonnais, celui qui jouxte sa maison. Dans les locaux du club, les photos dédicacées se mêlent aux fanions à sa gloire. « Dès son plus jeune âge, il a toujours joué dans les catégories supérieures, révèle Lino Linarès, l’un de ses premiers éducateurs, avec son père Gilbert. Il avait déjà un plus par rapport à ses copains, cette prestance et cette capacité à être un meneur. »

A chaque retour, Laurent Blanc rend visite à ceux qu’il a connus enfant. « Ça peut être le copain de classe ou le gars qui a passé la même vie que moi jusqu’à 16 ans », dit-il. Et il n’oublie personne.

« Ma maman m’attend pour manger ! »

Huguette Barrot, professeur d’EPS au collège de Salindres, peut ainsi arborer fièrement le maillot bleu de son ancien élève, qu’il avait porté en 1991 après un match face à la Pologne. Longtemps, elle a distribué à ses meilleurs élèves les photos dédicacées que l’ancien joueur de l’Inter ou de Manchester lui envoyait.

« Lolo était quelqu’un de très gentil, souligne-t-elle. En sport, c’était un excellent élève. Ailleurs, il aurait pu être brillant, car il est très intelligent. Mais quand il avait 12 de moyenne, il pensait que c’était suffisant et il préférait aller taper dans un ballon. »

Dans l’entrée de la mairie, une lithographie du joueur sous le maillot de l’OM fait la fierté des habitants. Le maître des lieux, Jean-Claude Bertrand, qui honore son sixième mandat à la tête de la ville, ne manque pas d’anecdotes. « Quand Laurent était à Naples, il s’était fait mal à la mâchoire, se rappelle-t-il. Mais il continuait de s’entraîner et de faire des tours de stade avec sa mâchoire emmitouflée. Ça m’avait impressionné ! »

Ce fameux colloque, prétexte à son retour, Laurent Blanc y restera deux heures. Dans une salle pleine à craquer, il parlera essentiellement de l’équipe de France, avant de prendre congé de ses hôtes : « Je suis obligé de partir… Ma maman m'attend pour manger ! »
Avant de rentrer chez lui, il est forcément passé devant le fameux terrain qui l’a vu débuter. Un terrain aujourd’hui baptisé stade Laurent-Blanc.