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Cabaye : « On a joué comme une famille »

Yohan Cabaye

Yohan Cabaye - -

Les Bleus verront le Brésil. L’équipe de France est allé chercher sa qualification au mental mardi face à l’Ukraine (3-0), malgré sa défaite au barrage aller. Mais, pour Yohan Cabaye, ce n’est qu’une étape.

Yohan, qu'avez-vous ressenti lors de ce retournement de situation mardi soir ?

Un soulagement parce qu’on a réussi l’impossible ou presque et surtout avec la manière : on a vraiment montré de grandes choses, avec une grande détermination. On a joué avec une grande lucidité aussi. On a un peu de mal à réaliser. C’était une grande joie mardi soir et surtout un très grand soulagement parce qu’on était dos au mur. Mais on a su réagir comme il fallait. C’était le scénario idéal avec le résultat idéal… La soirée a été parfaite.

Est-ce votre plus belle émotion de joueur ?

Oui, avec le doublé coupe-championnat du LOSC en 2011. Mais avec l’équipe nationale, c’est de loin la meilleure.

On a l'impression que vous gardez beaucoup de réserve : c'est dur d'exprimer ses émotions ?

On est tous très heureux forcément. Mais ce n’est qu’une étape. C’est très bien, on a remonté une situation très compliquée et on est tous très heureux. Maintenant on continue à avancer et on attend avec impatience le tirage au sort pour pouvoir se projeter. L’objectif était de se qualifier : on l’a fait. Le deuxième objectif sera de bien figurer parce qu'aller là-bas, jouer trois matches et rentrer, ça ne va pas le faire.

Que vous êtes-vous dit entre les deux matches ?

Même sans rien dire, on savait qu’on n’avait pas été à la hauteur de l’évènement et si on avait pu jouer dès le samedi, on l’aurait fait avec les crocs. Dans le couloir, Patrice Evra nous a dit : « Regardez-bien les Ukrainiens les mecs parce que si on ne va pas au Mondial, ce sera à cause d’eux ». On était ultra motivés et même si le coach n’avait pas fait de discours, on aurait été déterminés.

L'intervention de Jamel Debbouze a apparemment beaucoup pesé...

On a vu le film « La Marche », qui était vraiment adapté à notre situation. C’est vrai que d’entendre de la sincérité dans ses paroles, ça nous a touchés. On était émus. Au final, on avait vraiment envie de jouer avec notre cœur pour ne rien regretter.

Les critiques après le match aller vous ont-elles boostés ?

Oui et par moments, ça fait du bien. Ces critiques étaient justifiées. Tout comme les louanges peuvent parfois nous affaiblir, les critiques peuvent nous donner de la force et de l’énergie pour aller chercher quelque chose que personne n’attend. Il n’y a aucune rancœur par rapport aux critiques et aux journalistes mais je pense que ça a servi.

« J'ai joué un peu ma vie sur ce match »

On a l'impression que quelque chose s'est créé mardi soir...

Je l’espère en tout cas parce que ce n’est qu’une première étape. Mais on voit qu’en jouant avec un état d’esprit quasiment irréprochable, on peut faire de très belles choses. On a une très bonne équipe et un très bon groupe parce qu’il ne faut pas oublier les remplaçants, qui ont joué un rôle important. Tout le monde était là, on a joué comme une famille et c’est le plus important.

Est-ce aussi une reconquête du public ?

C’est important d’être tous ensemble. Nous, on est sur le terrain donc on doit donner envie aux gens de nous supporter. Je dois avouer que pour certains matches qu’on a pu faire, c’était un peu moyen. Mais on voit que quand on a un stade derrière nous, ça peut décupler les forces. Ils ont joué un rôle hier et il faut les remercier.

Sur le plan personnel, vous avez marqué des points...

C’est sûr que ça fait plaisir. Mais mardi, c’était une victoire collective. J’étais ultra motivé premièrement parce que je n’étais pas rentré lors du match aller. Même si c’est l’équipe avant tout, égoïstement, j’étais déçu. J’étais prêt, j’avais envie de jouer. J’avais simplement envie de montrer que je n’avais pas envie de me faire éliminer, comme toute l’équipe d’ailleurs. Comme Olivier Giroud l’a dit, j’ai un peu joué ma vie sur ce match. Je suis très content que l’équipe se soit qualifiée et plus égoïstement, je suis content de mon match.

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Propos recueillis par Jean Bommel