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Deschamps expulse les sujets qui fâchent

Didier Deschamps

Didier Deschamps - -

A la veille de l’entrée en lice des Bleus au Mondial contre le Honduras, dimanche, le sélectionneur français est apparu plus tendu que d’habitude. Et même franchement agacé à l’évocation de Knysna, Ribéry ou l’agressivité des Honduriens.

Didier Deschamps est trop rompu à l’exercice pour se faire surprendre. A la veille des grands débuts des Bleus au Mondial contre le Honduras, dimanche (21h), le sélectionneur savait que sa conférence d’avant-match serait polluée par quelques fantômes du passé et des polémiques récentes. Il est arrivé prêt, le visage beaucoup moins détendu que lors de son précédent face-à-face avec la presse, en début de semaine. Dès la question inaugurale, pourtant anodine (« Quel sentiment domine à 24 heures du match ? ») « DD » hausse les épaules, inspire un grand coup et lâche le refrain convenu de la « vérité du terrain » qui sera connue demain.

Puis vient la première question qui fâche. Pendant qu’un journaliste demande en anglais si les Français ont un devoir d’exemplarité plus accru quatre ans après le fiasco sud-africain, Deschamps s’agite, marmonne son agacement et se redresse avant de lâcher : « Je n’ai pas bien compris mais j’ai entendu un mot, "South Africa ", qui est de trop. C’était il y a quatre ans. On est sur une Coupe du monde au Brésil et l’image ou tout ce qu’on veut, ça passe par des performances sur le terrain. »

« Je ne vais pas parler des absents »

L’ancien entraîneur de l’OM a à peine le temps de reprendre son souffle que la polémique Franck Ribéry arrive sur le tapis. Forfait pour le Mondial en raison d’une lombalgie chronique, la star du Bayern a pris la défense du Dr Hans-Wilhelm Müller-Wohlfahrt, dont le staff médical des Bleus a mis les méthodes en doute. Un avis Didier ? Froncement de sourcils. « Vous pensez vraiment que je vais répondre à cette question ? Oui ? Eh bien non ! On a un match à préparer contre le Honduras. Franck Ribéry n’est pas là, vous connaissez l’historique. Je ne vais pas parler des absents. Libre à vous (de le faire) mais moi je suis pris par la compétition. »

Problème, ce terrain-là aussi est miné… En traduisant mal les propos de Deschamps sur le jeu du Honduras (une équipe « violente » au lieu de « physique »), le quotidien La Prensa a mis le feu aux poudres. Pas du goût du patron des Bleus, qui avait un message à faire passer ce samedi : non, les joueurs de Luis Fernando Suarez ne sont pas que des bouchers : « Je vais le répéter parce que ça n’a pas été bien retranscrit apparemment. Il y a évidemment un côté combattant mais c’est le haut niveau. Je ne l’ai pas fait précédemment et je ne vais toujours pas limiter cette équipe à l’agressivité. C’est une équipe qui joue et a cette faculté à défendre collectivement. » Message reçu et répété une énième fois en toute fin de conférence. « C’est une équipe sud-américaine et il y a peut-être cette faculté à être dans l’agressivité. Mais ce n’est pas que ça », conclut-il dans un sourire. Un des rares de sa prestation.

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S.C. avec J.S. et P.Ta. et M.Bo.