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Djorkaeff raconte "le malaise" au sein de l'équipe de France en 1993

Invité de Team Duga ce mercredi, Youri Djorkaeff s'est remémoré ses débuts en équipe de France, en 1993. Une époque difficile pour les Bleus, plombés notamment par de fortes rivalités entre Marseillais et Parisiens.

Il a connu l'une des périodes les plus délicates de l'équipe de France, puis la gloire. Avant d'être sacré champion du monde en 1998 et champion d'Europe deux ans plus tard, Youri Djorkaeff a débuté son aventure sous le maillot bleu en 1993, à l'occasion des éliminatoires pour la Coupe du monde aux Etats-Unis.

Entré en fin de match lors de la défaite contre Israël (3-2), il était resté sur le banc lors du cauchemar vécu face à la Bulgarie (2-1), avec ce fameux doublé d'Emil Kostadinov qui avait privé les hommes de Gérard Houllier d'une qualification pour le Mondial. Invité ce mercredi de l'émission Team Duga sur RMC, Djorkaeff est revenu sur cette époque où le groupe tricolore était miné par de fortes rivalités.

"En 1993, je suis content d'aller en équipe de France, mais on sent qu'il y a une grosse rivalité entre Marseillais et Parisiens. Moi j'étais à Monaco, avec Manu (Petit), on était neutres. Pour ma première sélection, on doit affronter Israël et la Bulgarie. On ne va pas refaire l'histoire, il nous fallait un point pour nous qualifier... Quand je rentre dans le groupe, je vois qu'il y a un malaise et que ça se passe mal. Il n'y a pas d'osmose. Et quand il n'y a pas d'osmose, tu ne peux pas gagner ces matchs dans les moments difficiles ou renverser des situations. Il y avait de supers joueurs, avec Ginola, Cantona et Papin devant, mais il manquait cette alchimie qu'on a créé ensuite en 1996 pour arriver au summum en 1998", s'est-il souvenu.

"Aimé (Jacquet) devait arrêter l'entraînement parce que techniquement c'était incroyable"

L'époque pré-Coupe du monde 1998 est aussi marquée par des critiques nourries à l'égard du jeu offensif pratiqué par les Bleus, notamment pour les débuts de l'ère Aimé Jacquet, chargé de reconstruire cette équipe après la déroute du Parc des Princes face aux Bulgares. Mais Djorkaeff, lui, parvient à s'illustrer en marquant notamment contre l'Italie (1-0) en février 1994. "C'est mon premier match comme titulaire. J'ai enchaîné quatre matchs derrière, j'ai marqué quatre fois. J'ai saisi une opportunité", s'est-il remémoré. Le "Snake", transféré de Monaco à Paris puis de Paris à l'Inter Milan, marquera d'autres buts cruciaux, en particulier contre la Pologne, la Roumanie et Israël lors de la campagne de qualification pour l'Euro 96.

"Je m'en foutais des critiques. Je savais qu'on avait un groupe fort, jeune, avec une bonne mentalité. Je peux prendre l'exemple de Marcel (Desailly) ou Didier (Deschamps). Je n'étais pas copain avec eux au départ. On était rivaux en club, mais on parlait le même langage. On voulait gagner. Il y avait un vrai plaisir à se retrouver en équipe de France, on était contents d'être ensemble. Je me souviens de séances où le ballon ne sortait jamais. Aimé (Jacquet) devait arrêter l'entraînement parce que techniquement c'était incroyable. On partageait des moments incroyables", a-t-il raconté dans Team Duga. La suite est connue. Djorkaeff devient l'un des artisans majeurs des triomphes en 1998 et 2000, avant de prendre sa retraite internationale en 2002.

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RR