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Domenech échappe à la tutelle, pas à la méfiance

Le sélectionneur semble avoir échappé à la mise sous tutelle. Pas à la défiance de la famille du football français à son égard.

Le sélectionneur semble avoir échappé à la mise sous tutelle. Pas à la défiance de la famille du football français à son égard. - -

La Fédération française de football écarte toute possibilité d’encadrer le sélectionneur national… mais elle confirme le climat de suspicion à l’égard de Raymond Domenech.

Comme un coup d’épée dans l’eau. La tentative du football professionnel de reprendre en main l’équipe de France et de mettre sous tutelle Raymond Domenech a échoué, si l’on s’en tient aux réactions de chacun des protagonistes. France Football annonçait dans son édition de mardi la volonté du monde professionnel d’encadrer le sélectionneur national, déjà attaqué par le doyen du Conseil fédéral Guy Chambily il y a une semaine.

Une réunion des personnalités les plus influentes du football professionnel s’est tenue le 17 décembre dernier à Paris. Autour de la table se trouvait des présidents de clubs : le Lyonnais Jean-Michel Aulas, le Nancéen Jacques Rousselot et le Havrais Jean-Pierre Louvel (par ailleurs président de l’Union des clubs de football professionnel). Ces « comploteurs du jeudi » - le sobriquet qui circule dans les couloirs de la Fédération - souhaitaient selon le bi-hebdomadaire France Football placer Gervais Martel au poste de manager de l’équipe de France et Gérard Houllier comme directeur sportif.

Martel : « C’est des conneries »

La tentative de putsch a été écartée par les principaux dirigeants de la Fédération française de football. « Mon avis, c'est que Domenech est un grand garçon. Il n'a pas besoin de ça, c'est mon avis, ça n'engage que moi. Et puis "Domenech, Domenech, Domenech" il faudrait penser à changer de littérature », a déclaré à l’AFP le vice-président de la FFF. Tandis que Gervais Martel a rapidement récusé tout intérêt pour le poste (« C’est des conneries ! Ce rôle de manager ne m’intéresse pas »), Gérard Houllier apportait sa vérité sur le sujet. « Il n'y a pas d'idée de tutelle, a tenu à préciser le DTN. Il s'agirait juste de l'aider dans l'image, la communication. De toute façon, c'est le conseil fédéral qui prendra une décision, ainsi que le Club France, en janvier. »

Quand bien même la mise sous tutelle de Domenech eut-elle été décidée, le principal intéressé s’en serait-il vraiment soucié ? Connaissant son tempérament d’affranchi, on peut en douter. « Je ne sais pas quelle aurait été sa réaction, a confié Guy Chambily à RMC Sport. Mais l’initiative de Jean-Pierre Escalettes était la bonne. » Le membre du conseil fédéral en a également profité pour clore le débat qu’il avait initié concernant l’avenir de Raymond Domenech. « Si je me suis permis ma remarque de la dernière fois, c’était pour essayer de redorer le blason de l’équipe de France et du football français. C’est fini, on ne va pas parler de ça encore longtemps. On doit soutenir cette équipe de France jusqu’au bout. » Une semaine après le « fameux » Conseil Fédéral, une tendance se confirme : la défiance de la famille du football français à l’égard du sélectionneur national n’a jamais été aussi forte.

La rédaction - P.B.