RMC Sport

Espagne - France : Un exploit venu de l’intérieur

Deschamps, Giroud, Valbuena

Deschamps, Giroud, Valbuena - -

Auteurs d’un nul mérité en Espagne (1-1), les Bleus doivent cet exploit à un état d’esprit conquérant, à l’apport de leurs cadres mais surtout à Didier Deschamps, qui a su leur transmettre sa culture de la gagne.

Des signes de la main (Ribéry), des cris (Benzema, Valbuena, Matuidi) ou encore un petit coup de gant à la caméra (Lloris) : dans les couloirs du stade Vicente Calderon, les Bleus n’ont pas cherché à retenir leur joie. Auteurs d’un nul mérité en toute fin de match face à l’Espagne (1-1), les hommes de Didier Deschamps ont affiché une envie, une détermination et une culture de la gagne absolument remarquables pour mettre un terme à l’incroyable série de 24 victoires consécutives de la Roja en phases qualificatives. Deschamps, culture de la gagne : deux expressions qui expliquent à elles seules la portée de la performance tricolore mardi soir.

Le sélectionneur des Bleus a reconnu après la défaite surprise contre le Japon quatre jours plus tôt (0-1) qu’il « avait toujours autant horreur de perdre ». La victoire, l’ancien entraîneur de l’OM l’a eue et l’a toujours eue en lui. Et dès le match terminé contre le Japon, « DD » s’est attaché à faire ce qu’il fait de mieux : motiver son groupe. « Oui, c’est possible de battre la meilleure équipe du monde », n’a cessé de répéter Deschamps à ses ouailles depuis le début du rassemblement. Un discours beaucoup plus ambitieux que celui de Laurent Blanc avant le quart de finale perdu contre l’Espagne lors du dernier Euro (2-0) et que Deschamps n’a pas hésité à rappeler lors de sa causerie à l’hôtel, à Madrid.

Lloris et Landreau ont pris la parole

Pour désinhiber ses joueurs, le technicien a multiplié les réunions collectives mais aussi et surtout les entretiens individuels, aussi bien avec la charnière centrale Sakho-Koscielny, qu’avec les cadres de l’effectif (Lloris, Ribéry, Benzema, Evra). Le procédé s’est vite révélé efficace. D’eux-mêmes, les joueurs se sont énormément parlé avant la rencontre. Certains, à l’image de Sakho, ont même mis à profit le temps de sieste pour continuer à élaborer, avec d’autres coéquipiers, le plan de bataille pour battre la Roja. Lloris, lui, compensait son manque de compétition avec Tottenham par un travail spécifique avec Franck Raviot, l’entraîneur des gardiens tricolores. Et pour mieux oublier ses deux fautes de main contre le Japon, l’ancien Lyonnais s’est notamment entraîné seul, sous la pluie, dimanche matin à Clairefontaine.

La suite ? L’ouverture du score de Sergio Ramos. Le but injustement refusé à Ménez. A la pause, Deschamps est obligé d’en remettre une couche. « Il nous a vraiment remobilisés, assure Mamadou Sakho. Il nous a tout simplement dit de ne pas lâcher, qu’il y avait possibilité de revenir au score et pourquoi pas de gagner ce match-là. Ça s’est vu et ressenti, l’équipe de France a été plus relâchée en seconde période. » L’apport des cadres a été important. « Hugo (Lloris, ndlr), comme Micka (Mickaël Landreau, ndlr) qui a beaucoup d’expérience, nous ont parlé et ça a été bénéfique pour tout le monde, témoigne Moussa Sissoko, à l’origine de l’égalisation de Giroud. Ils ont laissé le coach faire son discours et puis on a discuté entre joueurs. On a pris conscience qu’il y avait moyen de faire quelque chose. » Comme accrocher chez elle la meilleure équipe du monde.

A.D avec J.S, J.R et P.Ta