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France-Belgique: oui, les Belges ont eu la possession, mais ils ont été mangés dans les duels

Les statistiques de la demi-finale de Ligue des nations remportée jeudi par la France face à la Belgique (3-2) montrent que les Diables Rouges ont remporté d'une courte tête le match de la possession. Mais ils ont été dominés par les Bleus dans plusieurs autres domaines.

Evidemment, le monde impitoyable des réseaux sociaux lui est tout de suite tombé dessus. Peu après la défaite de la Belgique jeudi soir face aux champions du monde français (3-2), en demi-finales de la Ligue des nations, Thibaut Courtois n’a pas pu s’empêcher de faire référence, encore une fois, à la possession de son équipe. Comme trois ans plus tôt lors de la Coupe du monde en Russie. "On a bien joué en première mi-temps, notamment au niveau de la possession", a-t-il glissé au micro de RTL Belgique. Un constat qui lui a valu des railleries, mais qui montre pourtant une certaine lucidité. "En deuxième mi-temps, ils ont pressé un peu plus haut. On n’est pas restés calmes avec le ballon. On a donné des buts cadeaux. C’est dommage. On savait que 2-0 ce ne serait pas assez face à la France", a-t-il d’ailleurs ajouté.

Et les chiffres lui donnent raison. Selon les données collectées par Opta, ce sont bien les Diables Rouges qui ont remporté le match de la possession, d’une courte tête: 51,1% contre 48,9% pour les Bleus. Pas de quoi consoler les hommes de Roberto Martinez, qui auront brillé pendant une mi-temps, en menant 2-0 avec une maîtrise collective évidente, avant de se laisser emporter par la fougue des Français et leur force de caractère. Mais plus que la possession, une donnée saute aux yeux à la lecture de la feuille de statistiques. Paul Pogba et sa bande ont terminé cette rencontre avec 61,3% de duels gagnés contre seulement 38,7% pour leurs adversaires. Un écart saisissant qui prouve bien que les Bleus n’ont jamais lâché dans le combat. Même quand ils se sont retrouvés au bord du gouffre, bousculés comme rarement par la première nation au classement Fifa.

Plus de tirs et moins de fautes pour les Bleus

Il leur a fallu beaucoup d’orgueil et raviver leur feu intérieur pour tout renverser. Avec comme ingrédients de ce scénario incroyable des mots forts tenus à la mi-temps, un pressing haut enclenché dès le début de la seconde période et une sacrée dose d’intensité. Résultat, les Bleus n’ont pas volé leur victoire. "Je pense qu'on a fait une bonne entame de match, mais dans les 20-25 dernières minutes de la première période on a trop souffert, trop reculé, on manquait d'agressivité. Le score de 2-0 est sévère. Il y a eu cette réaction, à commencer par nos trois joueurs offensifs (Karim Benzema, Kylian Mbappé, Antoine Griezmann) qui ont harcelé constamment l'adversaire et renversé la situation. Il y a encore le mental, cette force de caractère, en plus de la qualité des joueurs", a justement analysé Didier Deschamps au coup de sifflet final.

En plus des duels, ses joueurs sont aussi devant en termes de tirs (16 contre 11, et 6 cadrés de chaque côté), la plupart ayant été tentés dans la surface (11 contre 6 pour la Belgique). Ils ont aussi commis moins de fautes (6 contre 8) et n’ont pas fini si loin des Belges au niveau du pourcentage de passes réussies (90,5% pour la France, 91,6% pour la Belgique) et de passes effectuées (621 pour les Bleus, 651 pour les Diables Rouges).

"Face à un adversaire de cette qualité, renverser le match en notre faveur est un exploit, à l'image du talent de notre équipe, a insisté Hugo Lloris. Après un bon début de match, on a commencé à trop reculer, ils ont su créer des espaces et nous mettre en difficulté. Il a fallu réagir en équipe." C’est ce visage de la seconde période qu’il faudra afficher dimanche contre les Espagnols, bourreaux des champions d’Europe italiens en demi-finales, pour espérer remporter la deuxième édition de la Ligue des nations. Un trophée devenu finalement un véritable objectif pour panser les plaies d'un Euro raté et reprendre confiance en vue du Mondial au Qatar.

Rodolphe Ryo avec Loïc Moreau