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France-Islande: le paradoxe Sigthorsson, à la cave à Nantes, relancé en sélection

Placardisé au FC Nantes, où Waldemar Kita n'hésite pas à le tacler publiquement, Kolbeinn Sigthorsson profite des rassemblements internationaux pour refaire parler de lui. Pas apparu en Ligue 1 depuis mai dernier, il devrait avoir du temps de jeu, jeudi (21h), face à l'équipe de France.

"Il est venu avec ses gros sabots, mais il n’a rien prouvé. Est-ce que c’est un boulet? Oui, en effet." Voilà comment Waldemar Kita parlait de Kolbeinn Sigthorsson dans un entretien à Ouest-France en septembre dernier. Taillé publiquement par son président, l’attaquant islandais est la définition même du joueur placardisé. Apparu à seulement deux reprises la saison dernière en Ligue 1 et pour l’instant écarté du groupe professionnel, le natif de Reykjavik, 28 ans, conserve en revanche la confiance de son sélectionneur Erik Hamren.

Il devrait même avoir du temps de jeu face à la France, jeudi, en amical. "C’est formidable pour moi d’être ici. Ça me permet de respirer. Je me sens très bien. J’ai besoin de jouer. Je veux aider l’équipe. Si Hamren me demande de jouer contre la France, ça pourrait être 20 minutes ou une demi-heure", a-t-il indiqué, mardi, en conférence de presse. Ce serait alors sa deuxième apparition de la saison, un mois après avoir eu droit à 21 minutes de temps de jeu contre la Belgique (0-3) en Ligue des nations. Ce serait par ailleurs son premier match disputé sur le sol français depuis le 19 mai dernier.

Suppléant pour le Mondial

Claudio Ranieri l’avait alors lancé en fin de match contre Strasbourg (1-0), à l’occasion de la dernière journée de Ligue 1, cinq jours après lui avoir offert sa première apparition de la saison sous le maillot nantais lors d’un déplacement à Angers (2-0). Arrivé pour 3 millions d’euros en 2015 en provenance de l’Ajax, Sigthorsson n’est jamais parvenu à s’imposer dans le onze nantais. Après un premier exercice à 3 buts, une blessure au genou avait gâché sa reprise à l’été 2016, alors qu’il avait profité de l’Euro pour gagner en confiance, en marquant notamment face à l’Angleterre en huitièmes (2-1).

Il a ensuite été envoyé en prêt à Galatasaray, avant que le club turc ne mette fin à son prêt au bout de seulement six mois. Depuis, ses relations avec les dirigeants nantais sont glaciales. Plombé par des blessures à répétition, il pense même à arrêter le football, avant de revenir peu à peu dans le paysage nantais avec des bouts de matchs disputés avec la réserve nantaise, avant donc ces deux entrées en Ligue 1. Insuffisant toutefois pour être du voyage en Russie. Il doit se contenter d’un rôle de suppléant pour la Coupe du monde.

Un nouveau coup dur pour Sigthorsson, dont les relations avec le clan Kita se sont encore un peu plus refroidies cet été. "Il a eu des propositions en Grèce et il les a refusées car il voulait toucher plus d’argent", assurait Waldemar Kita dans les colonnes de Ouest-France. L’arrivée de Vahid Halilhodzic peut-elle changer les choses? "Le président ne veut pas que je joue ou que je m’entraîne. Le fait qu’un nouvel entraîneur arrive ne changera rien, à moins que le président ne change d’avis", a souligné le principal intéressé dans une interview au quotidien islandais Morgunblaðið.

RR