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Inside Marvin Martin

Ça n’a pas toujours rigolé pour Marvin Martin et son gabarit de poche

Ça n’a pas toujours rigolé pour Marvin Martin et son gabarit de poche - -

Héros du match lundi en Ukraine (4-1), le petit milieu du FC Sochaux n’a pas toujours eu la carrière facile. Il a dû compenser un gabarit modeste par une faim de ballon jamais rassasiée. Ses proches racontent.

Marvin Martin n’est pas le seul à avoir connu une nuit blanche après la victoire de l’équipe de France de Laurent Blanc lundi en Ukraine (4-1). Bombardé d’appels et de textos après son doublé et sa passe décisive pour Kaboul en fin de match, le petit milieu créatif parisien de 23 ans a fait vivre des émotions fortes à ses proches, rivés sur leur écran de TV dans la capitale française. Son père, Christian, a vu le match de son fils, en compagnie de Cédric, le frère du joueur, et de l'ensemble des membres de cette famille très unie. Tout le clan Marvin était dans l’appartement paternel, Porte d'Asnières dans le 17e arrondissement. Christian, le père. « Je lui ai dit : ‘Tu sais quoi ? Arrête, je frôle l'infarctus’. On est immortel quand on vit un truc comme ça. Tu te dis qu'est-ce qui fait le petit ? C'est quelque chose que je souhaite à tous les papas du monde. Que l'enfant aille au bout de son rêve. Bingo. Trop fort. Après le premier but, on était comme des fous, on avait l'impression qu'on avait gagné la Coupe du monde, c'était de ce niveau là. On monte dans les nuages, on va chercher les étoiles. On ne sait plus où on habite. Enorme, je ne peux rien dire de plus. Enorme. »

Auteur d’un doublé pour sa première sélection, sur les traces de Bafétimbi Gomis et Zinédine Zidane, le Sochalien, meilleur passeur de Ligue 1 cette saison (17), a longtemps trainé comme un handicap son gabarit modeste. Roland Chauvet, premier entraîneur, du temps du C.A. Paris (1994-1996), dans le 14e arrondissement de la capitale, se souvient. « Physiquement, il avait du mal à s'imposer. Lui et Ben Arfa avaient un peu le même jeu. Il était remplaçant parce que l’autre était plus grand, lui était tout petit, mais quand ils étaient associés, c'était mortel pour les autres. » Il quitte rapidement le club parisien pour rejoindre le Montrouge FC 92 (1996-2002). Après une formation de quelques années, il rejoint à l'âge de 13 ans le centre de formation de Sochaux. Nouvel obstacle, du côté de l’INF cette fois qui ne croit pas en le joueur. « Il nous semblait un peu trop lent, raconte André Mérelle, ancien patron de l’INF-Clairefontaine. On pensait qu’il aurait des difficultés dans l’avenir. Il n’a pas été pris. On ne peut pas savoir ce qu’un gamin de 13 ans deviendra. C’est tout à son honneur d’avoir réussi. »

Cédric (son frère) : « A 6 ans au Parc des Princes »

C’est sous la baguette de Francis Gillot (2008-2011) qu’il explose. Il sera décisif dans l’atomisation de Rennes (5-1), le 29 janvier. Le « petit Xavi », comme on l’appelle est nominé aux trophées UNFP dans la catégorie du meilleur espoir de L1. Décidé à quitter les Lionceaux, Marvin Martin, tout aussi talentueux que timide, est resté le même. Son frère Cédric raconte. « Je l'ai vu grandir, il a toujours été pareil. Petit, il ne vivait que pour le ballon, on allait au Parc des Princes en plein hiver à 5-6 ans, il restait scotché sur le PS-G pendant 90 minutes. Il connaissait les noms de n'importe quel joueur, dans n'importe quelle équipe. Il respire le foot, il ne vit que pour ça. » Arrivé avec les Bleus mardi à Varsovie, le petit Marvin a changé de statut. Pris sous son aile par Karim Benzema, ou par l’ancien Sochalien Jérémy Menez, le héros de Donetsk devrait poursuivre son rêve comme titulaire jeudi en amical contre la Pologne.