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Islande-France: l’étonnante histoire du commentateur islandais devenu fou à l’Euro 2016

La rencontre entre l’Islande et l’équipe de France vendredi en éliminatoires de l’Euro 2020 réveille les souvenirs de l’édition 2016, quand le parcours des Vikings était commenté par un Gudmundur Benediktsson en feu dans la tribune de presse. Le foot, c’est toute la vie de ce passionné, dont la famille est liée au football islandais. Découvrez l'histoire de phénomène dans un document diffusé jeudi soir dans l'émission Footissime, sur RMC Sport1.

Le 22 juin 2016, l’équipe nationale d’Islande entrait dans l’histoire en battant, dans le temps additionnel, l’Autriche (2-1) dans son troisième et dernier match de poule de l’Euro 2016. Pour leur première participation à la phase finale d’une grande compétition, les Islandais réussissaient à passer le premier tour, et cela faisait très, très plaisir à Gudmundur Benediktsson.

Les commentaires enflammés et les cris hystériques de l’Islandais avaient fait le tour du monde et largement participé au buzz autour des Vikings, qui avaient ensuite sortis l’Angleterre en huitièmes de finale (2-1) avant de tomber en quarts face aux Bleus (5-2). Deux ans plus tard, on retrouvait encore "Gummi Ben", toujours aussi fou lors du Mondial 2018 pour commenter les matches de la sélection nationale.

L'ex-espoir douché par les blessures

Avant de devenir ce commentateur très expressif qui plait tant aux internautes, "Gummi Ben" a été joueur. Et même un excellent joueur. Pour certains observateurs, à 15 ans, il était même bien parti pour devenir le meilleur joueur d'Islande. Mais une blessure alors qu'il joue en Belgique et quatre opérations à l'âge de 20 ans ont eu raison de ses espoirs d'une carrière professionnelle.

L’attaquant international, suivi dès l’adolescence par plusieurs gros clubs européens, a dû tirer un trait sur ses rêves pour se contenter d’une carrière plus modeste dans son pays de 350.000 habitants, principalement au KR Reykjavik, avec lequel il a été trois fois champion d’Islande. Le football, on a ça dans le sang dans cette famille.

Un aïeul prestigieux, un fiston bourré de talent

A RMC Sport pour l'émission Footissime (sur RMC Sport1), Gudmundur Benediktsson est fier de montrer une statue d’Albert Gudmundsson (1923-1994) placée devant le siège de la Fédération islandaise de football. "C'est un grand, très grand nom du football islandais. C'est le premier footballeur professionnel du pays. Il a joué avec Arsenal, avec Milan, et bien sûr, il a joué en France (à Nancy, au Racing et à Nice, ndlr)", explique "Gummi Ben", qui est marié à Kristbjorg Ingadottir, ancienne footballeuse internationale et petite-fille d’Albert Gudmundsson.

Aujourd’hui, la tradition familiale se perpétue. Comme son arrière-grand-père Albert Gudmundsson, comme son père Gudmundur Benediktsson et comme sa mère Kristbjorg Ingadottir, Albert Gudmundsson Jr, 22 ans, joue avec la sélection nationale. Formé à Heerenveen et au PSV Eindhoven et joueur désormais de l’AZ Alkmaar, l’ailier était déjà dans le groupe islandais lors du Mondial 2018. Mais il ne pourra jouer face à la France vendredi en raison d’une blessure à une cheville.

La fièvre du foot ne quitte plus l'Islande

Devenu entraîneur une fois les crampons raccrochés, Gudmundur Benediktsson s’est tourné très vite vers le commentaire de match. Il était encore joueur du KR Reykjavik quand l’occasion s’est présentée pour la première fois. "Lors d’une saison, j’ai souvent été blessé, et le club avait une station de radio. Une semaine, alors que j’allais manquer un match, ils sont venus me demander ‘Tu ne voudrais pas commenter le match de demain ?’. Et j’ai répondu ‘Oui, pourquoi pas, je peux essayer’. Je crois que ça s’est bien passé", se rappelle-t-il.

De toute évidence, oui. L’expérience a visiblement été une réussite, vu la trajectoire et la popularité de "Gummi Ben", l’un des symboles de ce pays singulier et passionné de foot qu’est l’Islande, autrefois modeste adversaire et désormais client à prendre très au sérieux.

Nicolas BAMBA