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Jallet : « Je ne m’attendais pas à vivre ça un jour »

Christophe Jallet

Christophe Jallet - -

Après l’Uruguay en août, Christophe Jallet a de nouveau été retenu en équipe de France pour les éliminatoires de la Coupe du monde. Une trajectoire inattendue que le Parisien savoure pleinement sans se mettre de pression.

Christophe, quel bilan dressez-vous de votre début de saison ?

Ça a été un peu vite que ce soit en équipe de France ou au PSG. Pas mal de choses me sont tombées dessus. J’ai fait une bonne préparation assez lourde et pas si facile que ça à digérer. Au niveau personnel, notamment au PSG, j’aurais pu faire mieux.

Quel regard portez-vous sur le déplacement en Finlande ?

C’est vraiment le début d’une grande aventure sur deux ans avec une Coupe du monde au bout. Tout le monde est concentré sur le même objectif. Le premier match qualificatif ne s’annonce pas facile. On a regardé quelques vidéos aujourd’hui sur la Finlande qui parait difficile à négocier. Tout le monde doit être concentré et rivé sur ce match pour bien débuter dans ces éliminatoires et se mettre en confiance.

Quelle attitude avez-vous adopté en sélection ?

J’essaie de rester moi-même et ça a plutôt bien marché. Je ne vais pas me donner un nouveau genre parce que je suis en équipe de France. J’essaie de rester le plus naturel possible et je ne me force pas à faire quoi que ce soit.

Avec l’arrivée du Néerlandais Grégory Van Der Wiel au PSG, craignez-vous de ne pas revenir en équipe de France à l’avenir ?

Pour venir en équipe de France, il faut être performant dans son club et jouer régulièrement. Les deux sont liés. Ce sera une concurrence très élevée. Anthony (Réveillère, ndlr) aurait aussi pu arriver au PSG ces dernières semaines. C’est un facteur de motivation et de progression même si c’est dangereux. J’ai toujours été soumis à la concurrence depuis que j’ai commencé à Niort, et j’ai toujours essayé de m’en sortir du mieux possible. Je continuerai même si là, c’est un gros concurrent. Ça ne peut qu’être bénéfique pour le club. Individuellement, je verrai. Ce sera à moi de prouver sur le terrain que j’ai ma place au PSG et à travers ça, espérer revenir en équipe de France

Comment vivez-vous vos premiers pas en équipe de France, que vous avez découverte face à l’Uruguay le mois dernier ?

Je le vis très bien. Ce n’est que du bonheur d’être ici. C’est une chance exceptionnelle de faire partie de ce groupe. J’essaierai de faire le maximum pour avoir le maximum de temps de jeu. L’équipe de France, c’est ce qui se fait de mieux et on a tous envie d’y rester. Ce n’est que du plus. Je ne me mets pas la pression plus que ça. Je pars du principe qu’on n’a que ce qu’on mérite dans la vie. Si je le mérite, je reviendrai. J’essaierai de m’en donner les moyens.

« Rami, Ribéry et Valbuena sont aussi partis de loin »

Notez-vous des similitudes entre Carlo Ancelotti et Didier Deschamps ?

Les deux ont une envie de jouer et d’aller vers l’avant. Il y a des similitudes dans l’aspect tactique. On a souvent tendance à dire que les Italiens ont une philosophie défensive mais moi, je dirais que c’est le contraire au PSG. C’est la même chose ici. Il faut garder le ballon le plus possible pour créer du jeu.

Regardez-vous certains joueurs de l’équipe de France avec admiration ?

Sans forcément admirer, je les prends pour modèles. Quelqu’un comme Patrice Evra a une carrière qui fait rêver. C’est un exemple à suivre. On est pas mal à être en équipe de France en partant d’assez loin. Je pense à Adil Rami, Mathieu Valbuena ou Franck Ribéry qui ont tous connu le National avant d’exploser au plus haut niveau. C’est une marche à suivre qui m’a plutôt réussi.

Réalisez-vous ce qui vous arrive actuellement ?

Je ne m’attendais pas à vivre ça un jour. C’est un tournant mais tout va très vite dans le football. Le plus important est de garder la tête froide et de ne pas faire des projets à long terme. Il faut rester le plus simple possible sinon, ça devient compliqué à gérer. Ce que je vis en ce moment est exceptionnel. M’entraîner tous les jours avec de très grands joueurs et de jouer en équipe de France, j’essaie de profiter un max et de relativiser pour garder ça le plus longtemps possible.

Avez-vous conscience que vous incarnez une image du football auprès de la société ?

On sait qu’on est la vitrine du football français. On a une image à respecter et à donner. Il faut en être conscient et essayer de refléter la meilleure image possible parce que des enfants adorent cette équipe. On sait qu’il y a eu des moments difficiles par le passé. Il faut remédier à ça et ça passera aussi par les victoires et par une belle identité de jeu. Quand une équipe gagne, elle fait un peu plus rêver. A nous d’être le plus simple possible et de gagner les matches, ça nous permettra de redorer le blason de l’équipe.