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Jallet : « On a tous envie de se défoncer ! »

Christophe Jallet

Christophe Jallet - -

Invité de Luis Attaque sur RMC ce mercredi, Christophe Jallet est revenu sur son but chanceux face à la Biélorussie (3-1) ainsi que sur l’excellent état d’esprit qui anime l’équipe de France. Le Parisien voit loin.

Christophe, Didier Deschamps avait dit qu’il fallait s’impliquer sur les centres après le match face à la Finlande. Vous semblez l’avoir écouté…

Ça s’appelle la feinte de l’œil ! Pour une fois que ça réussit. D’habitude, ça part au-dessus ou dans les tribunes et on se fait siffler !

Vous avez tout de même davantage participé au jeu…

C’était l’objectif. Le coach avait demandé aux latéraux d’apporter offensivement et de mettre un maximum de ballons devant le but. On a essayé de respecter les consignes et il y a eu ce geste heureux. Il y a eu pas mal de débordements à gauche à droite. Quand on joue en 4-3-3, c’est plus facile pour les latéraux de monter. Le coach avait demandé à ce qu’on écarte un maximum pour prendre ce côté.

Vous êtes un défenseur qui participe au jeu, non ?

Je ne suis pas un défenseur rugueux mais j’essaie plutôt d’apporter ma contribution offensive. J’ai été titularisé dans cette optique.

Si on vous avait dit un jour, lorsque vous étiez à Lorient, que vous deviendriez capitaine du PSG et seriez sélectionné en équipe de France…

C’est sûr et encore moins à Niort. Je ne l’aurais pas imaginé une seconde. Pas mal de choses me sont tombées dessus ces derniers temps. Ça va dans le bon sens. C’est toujours plus agréable. Il faut l’assumer et essayer de garder la tête froide et de bosser parce que c’est ce qui fait avancer. Il faut essayer de digérer tout ça parce que ce n’est pas toujours facile à supporter. Ça donne de la pression en plus.

« La Marseillaise m’a mis les larmes aux yeux »

Jusqu’où pensez-vous que cette équipe puisse aller ?

Il y a un très bon état d’esprit au sein du groupe. C’est quelque chose que j’appréhendais avant d’arriver. On entend tellement de trucs qu’on se fait parfois des fausses idées. Il y a une bonne entente et une bonne cohésion. On est vite mis à l’aise. Quand on est en confiance, c’est plus facile pour s’exprimer sur le terrain. Il y a beaucoup de jeunes joueurs, de l’insouciance. Mêlée à l’expérience des cadres, ça peut donner quelque chose de pas mal. Bien sûr, ce n’est pas encore exceptionnel mais il y a une bonne âme et on a tous envie de se défoncer pour le même objectif pour aller à la Coupe du monde. Les gens sont un peu intransigeants avec les performances de l’équipe de France mais c’est pas mal ce qui se passe en ce moment.

Avez-vous trouvé vos automatismes ?

On est tous dans le même état d’esprit. On se découvre et on apprend à jouer ensemble. Lors de la première sélection, nous n’avions eu que deux jours. Là, avec dix jours de travail, c’est plus facile de trouver des automatismes. Quand on fait tous les efforts dans le même sens, c’est toujours plus facile. C’est l’état d’esprit qui anime cette équipe donc les automatismes arrivent vite.

Qu’avez-vous ressenti lors de la Marseillaise ?

La première que j’avais vécue sur le banc au Havre, ça m’avait largement « brassé ». Hier, quand je l’ai chantée et que j’ai entendu tout le public reprendre, j’ai ouvert les yeux et je me suis demandé ‘’Où est-ce que je suis ?’’ Ça transporte, ça transcende, ça met les frissons. C’est quelque chose de très important et de très émouvant, et ça m’a mis les larmes aux yeux.

La France peut-elle faire un résultat en Espagne ?

On a fait le plein de confiance sur ces deux matches. Tout n’est pas parfait mais ce n’étaient pas des matches faciles. On a réussi à gagner en Finlande (1-0) et à se rassurer hier soir en marquant trois buts. Ça donne des raisons d’espérer, notamment quand on voit que la Géorgie a failli ne pas perdre contre l’Espagne. C’est l’équipe la plus forte du monde. Avec le plein de confiance et notre enthousiasme, on a l’occasion de faire quelque chose.

Pouvez-vous décrire la méthode de Didier Deschamps ?

Elle n’est pas compliquée, elle repose sur une bonne organisation tactique avec pas mal de liberté donnée aux joueurs. Il met en confiance en disant : ‘’ Si vous ratez quelque chose, ce n’est pas grave, on pense au prochain geste’’. C’est une philosophie intéressante qui, j’espère, nous mènera très loin.

Luis Attaque