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Jouanno met la pression sur L. Blanc

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Alors que les Bleus défient le Brésil le 9 février au Stade de France, la ministre des Sports ne souhaite plus revoir Patrice Evra sous le maillot bleu. Si son avis peut mettre le sélectionneur et la FFF dans l’embarras, il provoque la colère du syndicat des joueurs professionnels.

Laurent Blanc dévoilera jeudi prochain sa liste pour affronter le Brésil en match amical le 9 février au Stade de France. Une affiche de gala à laquelle pourra participer Patrice Evra, l’ancien capitaine de l’équipe de France étant à nouveau sélectionnable après avoir purgé ses cinq matches de suspension post-Knysna. Comme nous vous le révélions ce vendredi, le Mancunien a d’ailleurs reçu une pré-convocation. Problème : cette perspective n’enchante pas du tout la ministre des Sports Chantal Jouanno : « Je ne comprends pas qu'on laisse entendre que les meneurs de la fronde en Afrique du Sud puissent être réintégrés », a-t-elle confié au journal L’Equipe.

L’ancienne karatéka pense également à Franck Ribéry, lui aussi sélectionnable mais actuellement blessé et donc forfait face à la Seleçao. Si la ministre des Sports reconnaît qu’elle ne « peut rien faire » si Evra est convoqué, elle a qualifié un éventuel retour d’ « inadmissible. » Des mots très durs qui n’ont pas manqué de provoquer des réactions tranchées.

Thiriez : « Pas anormal qu’un homme politique donne son opinion »

Faut-il parler d’ingérence ? Alors que la FIFA reste vigilante après avoir déjà averti son prédécesseur, Roselyne Bacehelot, suite à ses critiques en Afrique du Sud, le syndicat des joueurs professionnels, à travers un communiqué, s’est montré très critique à l’égard de Chantal Jouanno : « L'UNFP s'étonne qu'elle puisse siéger au Conseil des ministres à quelques pas d'Alain Juppé, par exemple, condamné à 14 mois de prison avec sursis et à un an d'inéligibilité en 2004 pour prise illégale d'intérêt. Comme le maire de Bordeaux, ministre de la Défense, Patrice Evra et Franck Ribéry ont été inéligibles. Ils ne le sont plus. Ce qui vaut pour l'un vaut, justement, pour les autres. »

Bien plus tempéré, Frédéric Thiriez qui a assisté ce samedi à l’inauguration de la MMArena au Mans aux côtés de la représentante du gouvernement, a pris soin de ménager la chèvre et le chou : « Il n’est pas du tout anormal qu’un homme politique, et notamment un ministre des Sports, donne son opinion sur les problèmes qui intéressent le sport, a commenté le président de la LFP. Cela étant, je rappelle que c’est à Laurent Blanc de savoir quelle est la meilleure équipe. Pas uniquement sur le plan sportif mais aussi sur le plan de l’éthique et de la morale. Il faut lui faire confiance pour assumer ses choix. » Soutenu par la FFF et son patron, Fernand Duchaussoy, le président de la FFF, a-t-il toujours le dernier mot ?