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Lâchez-vous !

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Malgré une série de seize matches sans défaite, l’équipe de France ne convainc pas encore dans le jeu. Pour leur dernier match de l’année 2011 ce mardi (21h) contre la Belgique, les Bleus ont une occasion en or de faire vibrer le Stade de France. Enfin.

Difficile de jeter la pierre sur une équipe invaincue depuis seize rencontres. Surtout lorsqu’elle revient de l’enfer. Et pourtant. Qualifiés dans la douleur pour le Championnat d’Europe 2012, les Bleus n’ont pas encore montré un visage séduisant. A l’image de leur fade prestation face aux Etats-Unis vendredi (1-0), les joueurs de Laurent Blanc éprouvent les pires difficultés à faire vibrer les foules. Sont-ils bloqués, peu motivés voire surcotés ?
« Le jeu de l’équipe de France a toujours fait débat, assure Laurent Blanc. Quand on ne parvient pas à débattre sur l’état d’esprit, on débat sur le jeu car on sait qu’il y a de la matière. Les gens attendent que leur équipe nationale joue bien. La première chose serait de marquer des buts. » Voilà la mission numéro un des Bleus, ce mardi, face à la Belgique pour le dernier match de l’année 2011. « Si on gagne 4-3 ou 3-2, le spectacle sera à la hauteur. Et les spectateurs seront plus contents qu’après le match face aux USA », confirme Laurent Blanc.

L. Fernandez : « Libérez-vous, donnez du plaisir, tentez ! »

Reste à savoir si les partenaires de Karim Benzema en sont capables. « Bien sûr qu’ils ont envie de se lâcher et de courir le 100m en moins de 10 secondes ! Mais je crois qu’ils en sont incapables, lâche Jean-Michel Larqué, ancien capitaine des Bleus. On a une mauvaise appréciation de leurs qualités. Le spectacle est souvent tributaire du talent. Or, on prête à ces acteurs un talent qu’ils n’ont pas tout à fait. » Eric Di Meco va sensiblement dans le même sens : « On ne peut pas dire qu’on s’éclate en regardant l’équipe de France. N’a-t-on pas tout simplement une équipe moyenne ? Certains signes me rendent optimistes. J’ai hâte de voir Marvin Martin jouer avec Samir Nasri. En revanche, Laurent va être obligé d’arrêter de s’entêter avec certains garçons qu’il impose et ne lui renvoient pas l’ascenseur. Comme Franck Ribéry, par exemple. »
Outre un 17e succès de rang avant de défier l’Allemagne au mois de février, le public du SDF attend donc de l’enthousiasme, un vent de folie. « Face aux Etats-Unis, il a manqué des buts, des occasions », admet Hugo Lloris. Laurent Blanc, fidèle à sa ligne de conduite, n’est pas en campagne. Il refuse le jeu des promesses : « En 15 mois, il faudrait trouver des grands joueurs, produire du beau jeu, gagner tous nos matches et bientôt, aller en Pologne pour gagner l’Euro. Malheureusement, nous n’en sommes pas encore là. On est moins fort que l’Allemagne, l’Espagne, les Pays-Bas. Ce n’est pas une honte de le dire. »
A sept mois de l’Euro, le moment est pourtant venu d’oser. C’est ce que pense Luis Fernandez : « Si j’ai un message à faire passer aux Bleus, ce serait : « Lâchez-vous, libérez-vous, donnez du plaisir, tentez ! Maintenant qu’on ne sait plus perdre, bonifions notre groupe. Laissez-vous aller ! » »

Le titre de l'encadré ici

Avec les Belges, c’est tout une histoire |||

C’était le 1er mai 1904, à Bruxelles. Ce jour-là, face à la Belgique, l’équipe de France de football joue le premier match de son histoire. Score final, 3 buts partout. Les Bleus, qui évoluent dans un 2-3-5 (sic) « classique », arrachent le nul à trois minutes de la fin. En 107 ans, les deux voisins se sont affrontés à 70 reprises, un record. Fréquemment battus, voire fessés par les Diables Rouges dans la première partie du XXe siècle (6-1 pour la Belgique à Colombes en 1930 !), les Français accusent un léger déficit statistique : 24 victoires contre 29 défaites. Cela faisait néanmoins près de huit ans que les deux sélections ne s’étaient plus croisées. Le 18 février 2004, en match de préparation à l’Euro (déjà) portugais, les joueurs de Jacques Santini l’avaient emporté 2-0 à Bruxelles grâce à Govou et Saha. Zidane était encore la star des Bleus…