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Les Bleuets passent à côté de leur rêve

Anthony Martial et Nemanja Maksimovic

Anthony Martial et Nemanja Maksimovic - -

Jamais véritablement dominants, ni dominés, les joueurs de l’équipe de France ont été battus en finale de l’Euro des moins de 19 ans par la Serbie (1-0), sur l’une de leurs rares erreurs défensives. Jamais en mesure d’emballer la rencontre, les petits Tricolores paient au prix fort leurs errances techniques et leur manque d’audace.

Une minute d’inattention, un service dans le dos de la défense et la belle promesse aura volé en éclats. Un crochet de Mitrovic sur Ikoko dans la surface, conjuguée à une reprise instantanée de Lukovic (57e) et le joli défi se sera évanoui. Les mini-Bleuets souhaitaient imiter leurs grands frères des moins de 20 ans, champions du monde quinze jours plus tôt. Marcher sur leurs traces. Mais un moment d’absence, une attaque placée fulgurante de la part de Serbie en aura décidé autrement. Engoncés dans une rencontre sans rythme, sans réelle saveur et sans capacité à l’emballer, les protégés de Francis Smerecki n’ont pas su forcer leur destin. « Ça n’a pas été plus compliqué mais je pense qu’on avait déjà joué une finale contre l’Espagne, juge le sélectionneur des U19. Celle-ci, on ne l’a pas joué. On a cru, un petit peu, que cela suffirait pour mettre à mal la Serbie. On a été battu, presque logiquement, par une équipe de Serbie plus mûre et plus maligne que nous. »

Un but a donc suffi à terrasser les petits Français et, vu la physionomie serrée de la partie, il était presque certain que le premier à ouvrir le score sur la pelouse du Stadium of Marijanpole (Lituanie) l’emporterait. Et pourrait soulever la coupe exposée juste avant le coup d’envoi de la finale. Pourtant, les mini-Bleuets étaient concentrés, déterminés, à l’image de cette petite réunion en cercle autour d’Aymeric Laporte peu avant le début des hostilités. Jean y avait mis du sien, sans la précision (8e), Martial également (35e). Azouni ? La frappe du meilleur Français jeudi soir manquait de culot (41e), comme celle d’Ikoko (38e).

Déchets techniques et mauvais choix

La plus grosse sensation côté bleue sera finalement venue du Rennais Hunou (60e). Son tir, difficilement repoussé, a sonné la révolte des siens. Une révolte qui n’a jamais rimé avec bons choix, notamment au moment de venir chatouiller la défense serbe. Benzia tente sa chance mais oublie un peu ses partenaires (64e). Conte n’obtient pas le penalty tant souhaité (71e). Benzia, encore sur un ultime coup franc, enroule bien sa frappe… mais au-dessus (90e+2).

Eteinte par une première période crispée et ronronnante, l’équipe de France des moins de 19 ans n’a jamais véritablement quitté ce round d’observation, face à un adversaire qu’elle avait déjà croisé en phase de poules, pour un résultat nul (1-1). Un peu contre le cours d’une seconde période où elle aura affiché un visage plus séduisant, elle aura payé au prix fort cet engourdissement qui la prive de son objectif initial. « On est très déçu, confiait Hunou à l'issue du match. On n’a pas su jouer notre jeu. On est abattu parce qu’on voulait faire quelque chose de bien. » C’est regard dans le vide, tête baissée et, aussi, quelques larmes aux yeux que cette génération 94 assistera au sacre serbe. Il faut parfois payer pour apprendre. Jeudi soir, pour ces mini-Bleuets, l’addition demandée semblait tout de même un peu trop lourde.

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