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Les confessions de Benzema

Karim Benzema

Karim Benzema - -

Alors que la France s’apprête à rencontrer l’Australie (vendredi) et la Finlande (mardi), Karim Benzema, plus que jamais contesté à la pointe de l’attaque tricolore, s’est largement épanché sur sa situation chez les Bleus.

Longtemps, il a semblé intouchable en équipe de France. Malgré une période de disette invraisemblable, le nom de Karim Benzema était systématiquement couché sur les feuilles de match de Didier Deschamps. Mais la patience du sélectionneur, que l’on avait fini par croire infinie, a trouvé sa limite. La 1217e minute sans marquer du Madrilène aura été celle de trop, au point qu’Olivier Giroud lui chipe sa place de titulaire lors du dernier match des Bleus, face à la Biélorussie (4-2). Deschamps parle désormais de « hiérarchie évolutive », et l’identité de celui qui sera aligné en pointe contre l’Australie (11 octobre) puis la Finlande (15 octobre), et surtout en barrages (15 et 19 novembre), reste sujette à interrogation.

En conférence de presse ce mardi, Benzema a été longuement questionné sur le sujet, et s’est prêté au jeu des questions-réponses avec une étonnante sérénité. « C'est une période difficile, avoue-t-il, au moment d’évoquer son mutisme face au but. La plus longue de ma jeune carrière. Mais je travaille, ça ne va pas durer dix ans. Ce sera bientôt terminé. C'est un manque de réussite. Je me procure pas mal d'occasions, à moi de les transformer en buts. » Encore faudrait-il être titulaire… Mais même son statut de remplaçant ne semble pas l’inquiéter : « C’est comme ça. Des fois, tu te retrouves sur le banc. On a gagné, c’est le principal, j’étais content pour l’équipe. Moi, je ne revendique rien du tout. Je suis en équipe de France, je suis content. Il n’y a pas de numéro 1, 2, ou 3. Que ce soit moi ou un autre, à chaque fois qu’un joueur est sur le terrain, il doit faire de son mieux pour l’équipe. »

« Je ne vais pas redescendre jusqu'aux buts de Lloris »

Invité à réagir sur son principal concurrent, Benzema se contente du minimum : « Giroud, c’est un bon attaquant. Il fait ses matches, c’est bien pour lui, pour son club, pour l’équipe de France. La concurrence, elle est partout. On est là pour aider l’équipe. Individuellement, on ne joue pas Giroud contre Benzema. En tout cas moi je ne le vois pas comme ça. » Fin de la discussion. Quant à son attitude parfois décrite comme dilettante, le Madrilène se défend, preuve à l’appui : « Il y a un papier qui est sorti où l’on montrait que je faisais pratiquement dix kilomètres par match. C’est que je cours quand même. Qu’est-ce que c’est l’attitude ? Je ne pense pas que ce soit une histoire d’attitude, ce n’est pas ça. Je suis attaquant, c’est à moi de faire le premier replacement défensif, mais je ne vais quand même pas courir jusqu’à la cage d’Hugo Lloris.»

Pas une question d’attitude, donc. Une question de positionnement, peut-être ? « Il y a plusieurs sorte de numéro 9, rétorque-t-il. Il y a ceux qui restent dans la surface, qui ne sont là que pour marquer. Il y en a d’autres qui font jouer les autres, qui prennent des espaces. Je sais faire les deux. Après, on peut me juger parce que je suis avant-centre et que je ne marque pas. Je n’ai pas que ça en tête. Je veux que l’équipe gagne. Si je peux marquer c’est bien aussi, mais l’essentiel à chaque fois c’est que l’on gagne. » Moralité : il n’y a pas vraiment de problème. « Bien sûr que ça m’embête de ne pas marquer et de ne pas aider l’équipe de France à mettre plus de buts », regrette-t-il, en précisant qu’il « ne va pas commencer à faire des maths pour trouver une solution ». De toute façon, plus besoin de calcul : dès son prochain match – contre l’Australie, comme la tendance semble l’indiquer – il faudra être décisif, s'il ne veut pas voir les prochaines grosses échéances, à savoir les barrages, lui filer sous le nez.

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A.T. avec J.S.