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Les mutins divisent le Conseil fédéral

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Deux mois après, l’épisode de Kynsna continue d’empoisonner la vie du football français. Réuni ce mardi, le Conseil fédéral a une nouvelle fois débattu du cas des mutins, sur la base de l’appel interjeté par Patrice Evra.

Le cas de Patrice Evra, qui a fait appel de sa suspension de cinq matchs après la grève de Knysna, a été le plat de résistance du Conseil Fédéral qui s’est tenu mardi. Durant près d’une demi-heure, deux clans se sont affrontés sur la pertinence des sanctions infligées aux mutins sud-africains. Comme si cette affaire ne pouvait pas être soldée. Des membres du monde professionnel, dont René Charrier l’un des représentants de l’UNFP, le syndicat des joueurs, ont émis l’idée – comme l’ont demandé les anciens sélectionneurs Aimé Jacquet ou Michel Hidalgo dans une lettre ouverte la veille – d’un aménagement de la sanction des cinq mutins en travaux d’intérêt général au nom de « l'intérêt supérieur du football français ».

Laurent Blanc a depuis longtemps, il est vrai, émis des doutes sur le bien fondé de ces sanctions alors que se joue une partie de l’avenir des Bleus dans les éliminatoires de l’Euro 2012 dès le mois de septembre. « On vient de nommer un sélectionneur, il faut lui donner les moyens qu’il souhaite, affirme Michel Hidalgo. Laurent blanc a besoin de tous ces atouts pour affronter la Biélorussie et la Bosnie. »

Thuram : « Mais je crois rêver ! »

Face à un tel discours, la frange dure du Conseil fédéral n’a pas voulu céder un pouce sur une question de principe. Lilian Thuram, l’un des plus virulents à l’encontre du défenseur de Manchester United, s'est même emporté : « Mais je crois rêver ! » « Il faut marquer le coup, admet Luis Fernandez. On ne peut pas oublier aussi vite ce qu’il s’est passé en Afrique du Sud. » « En tant que capitaine des Bleus en Afrique du Sud, Evra se devait de montrer l’exemple, poursuit Jacques Rousselot, président de Nancy. Il doit accepter cette sanction, il sait ce qu’il s’est passé. Alors oui, son appel me choque. »

Finalement, la majorité du Conseil, soucieuse de défendre les valeurs bafouées en Afrique du Sud, est restée campée sur ses positions. Leur raisonnement : remettre en cause les sanctions des mutins choquerait le foot amateur une deuxième fois après la grève de Knysna. C'est le président intérimaire Fernand Duchaussoy qui a clos un débat viril mais correct : « Il faut respecter les procédures. » En dépit des pressions, le Conseil fédéral n’est pas intervenu. L’honneur est sauf…