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Malouda : « Pas là pour se racheter une image »

Florent Malouda

Florent Malouda - -

Pour sa 4e compétition internationale en équipe de France, Florent Malouda souhaite faire partager son vécu et transmettre la culture de la gagne aux plus jeunes. Et réaffirme au passage sa préférence pour le poste d’ailier gauche.

Florent, quel est votre rôle au sein du groupe ?

J’ai le même rôle que depuis mes débuts en équipe de France. Le plus important est d’avoir le rôle de joueur. De par mon expérience et mon vécu, dans la préparation des matchs, c’est important d’échanger et de faire partager mon expérience sinon ça ne sert pas à grand-chose. Et puis, il faut transmettre cette culture de la gagne. On est en équipe nationale pour gagner des choses. On veut que les gens se souviennent de nous comme d’une équipe qui gagne des choses.

Sentez-vous une montée en puissance depuis le début du rassemblement ?

Oui, c’est bon signe. On prend les bonnes habitudes. On sort de deux jours de repos mais on n’a pas vu de décontraction ou de relâchement. Dans l’application et la concentration, l’équipe prend confiance et les leaders commencent à s’affirmer sur le terrain. C’est bon signe pour le match de demain (face à l’Estonie, ndlr) et pour la compétition. C’est très difficile à acquérir mais facile à perdre. Il faut garder ces habitudes-là.

Ces leaders s’affirment-ils aussi dans la vie de groupe depuis le début de la préparation ?

Cette équipe vit ensemble depuis deux ans, il y a des habitudes qui ont été prises au niveau de la vie de groupe. Vu qu’on va être ensemble pendant assez longtemps, il y a des règles qui ont été rappelées par le staff, notamment par rapport à la compétition. On sait qu’il y a une responsabilité supplémentaire avec ce qui s’est passé avant. Il n’y a pas de futilités. On est là surtout pour bien jouer au foot, pas pour faire des pubs, serrer des mains ou se racheter une image. Ce qu’il faut, c’est gagner des matchs. Lors des deux dernières phases finales, on n’a même pas gagné un match. La vie de groupe doit être dirigée vers cela.

« Je fais des sacrifices pour l’équipe de France »

L’Angleterre, votre premier adversaire à l’Euro, est touchée par une cascade de blessures. Cela vous rassure-t-il ?

Non, je n’ai aucun doute sur le fait que l’Angleterre sera prête le 11 juin. Il y a énormément de joueurs dans leur groupe qui ont beaucoup de choses à prouver. Il faudra se méfier de cette équipe. En général, quand une équipe anglaise se présente dans une compétition, c’est pour la gagner. Au niveau psychologique, ce n’est pas le genre d’équipes à se cacher derrière des excuses. Quand on joue en équipe d’Angleterre, comme ce devrait être le cas en équipe de France, c’est pour être les meilleurs. Ce sera un match très dur.

Comment vous sentez-vous au poste de milieu relayeur ?

Je ne dirais pas que ça me plaît, je m’y fais. Je m’adapte comme quand je jouais à droite ou milieu défensif. Je ne vois pas ça comme un souci, je suis concentré sur l’objectif, quel que soit le moyen d’y arriver. Je me mets dans des dispositions où je dois être performant. Ce n’est pas, je pense, ma meilleures position, mais je m’y fais.

Préfériez-vous retrouver votre poste d’ailier gauche ?

Je vais avoir 32 ans, tout le monde connaît ma position. Je n’ai jamais réclamé d’y jouer, ça ne va pas commencer aujourd’hui. Je ne pense pas qu’en six mois ou en un an, ma meilleure position ait changé. Maintenant, ça arrange tout le monde, donc ça m’arrange aussi. Je fais des sacrifices pour l’équipe de France, pour personne d’autre. Ce n’est pas nouveau et ce n’est pas un souci. Sinon, je ne serais pas là.

Propos recueillis par P.Ta, JS et JR