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Minsk, sa crise économique, ses policiers…

Minsk, la capitale de la Biélorussie.

Minsk, la capitale de la Biélorussie. - -

L’équipe de France va disputer le dernier match important de sa saison dans la capitale biélorusse. L’occasion de découvrir une ville et un pays en pleine crise et dont l’architecture rappelle le passé. Les Bleus au pays des anciens Soviets.

C’est donc là. Au bout de l’Europe, en Biélorussie, cœur de l’ancien bloc soviétique. A Minsk, capitale d’une République née sur les cendres de l’éclatement de l’URSS en 1991 et parsemée de quelques 4000 lacs et rivières bordés de forêts. C’est donc là qu’ils vont en terminer, nos Bleus. Le lieu du dernier match « important » de leur saison. Voir Minsk et en finir ! En beauté, si possible.

Mais au fait, Minsk, ça ressemble à quoi ? A une sorte de retour dans le temps. Ravagée par la deuxième guerre mondiale, la capitale biélorusse est un ensemble très étendu et plutôt bétonné, mélange d’architecture stalinienne, de monuments surdimensionnés et d’églises orthodoxes. Le tout dans une propreté absolue. Pas le genre d’endroit où l’on jette son mégot par terre.

Pas le genre d’endroit, d’ailleurs, où l’on rigole avec l’autorité. Très policier, le régime impose une ambiance sécuritaire prégnante sur Minsk comme sur le reste du pays. Avec près de 150.000 membres des forces de l’ordre pour un peu moins de 10 millions de Biélorusses (dont 1,9 millions à Minsk), le nombre de policiers par habitant est même l’un des plus élevés au monde.

Un salaire moyen passé de 300 à 180 euros

Ces derniers mois, après la réélection controversée du président Alexandre Loukachenko, les arrestations des opposants au régime se sont multipliés. Et un attentat dans le métro de Minsk, le 12 avril, a encore renforcé la tension sécuritaire. Une ambiance délétère à coupler à une grave crise économique. Le déficit de la balance commerciale, à hauteur de 9,3 milliards de dollars (17% du PNB, le plus haut niveau au monde), a entraîné une dévaluation du rouble local de 36% contre le dollar le 23 mai dernier.

Résultat ? Le salaire moyen est passé de 300 à 180 euros. Pas évident, dès lors, de remplir les 35.000 places du vétuste stade Dinamo où vont évoluer les Bleus vendredi soir. Malgré des prix entre 3 et 8 euros, seuls 15.000 sièges avaient trouvé preneurs mercredi. L'enceinte ne sera pas pleine. Sous une forte chaleur (29° jeudi) et un beau ciel bleu, les Français ne devraient donc pas être confrontés à un public électrique. Ni hostile. Surtout pour Franck Ribéry et les joueurs d’Arsenal, forts d’une belle notoriété locale, les championnats d’Angleterre et d’Allemagne étant très suivis par les Biélorusses.

Neuf mois après l’impact considérable de l’exploit du Stade de France (1-0), ce pays où le foot est le deuxième sport national derrière le hockey espère voir les siens renouveler la performance. Histoire de caresser le rêve d’une qualification pour l’Euro 2012. Et d’oublier un peu les problèmes du moment, juste pour 90 minutes.

Alexandre Herbinet (avec M. B. à Minsk)