RMC Sport

Pourtant, les joueurs s’entendaient plutôt bien…

Et pourtant, les Bleus s'entendaient bien...

Et pourtant, les Bleus s'entendaient bien... - -

Quarante-huit heures après le retour d’Afrique du Sud, l’histoire reste peut-être à écrire. Contrairement aux idées reçues, l’ambiance dans les 23 était tout sauf irrespirable.

De prétendues bagarres, un complot anti-Gourcuff, des « caïds » qui voulaient protéger Nicolas Anelka au moment de son éviction, des « gamins apeurés » qui ne pipaient mot : tout ou presque a été dit au sujet des relations entre les joueurs français lors de cette Coupe du Monde.

Et pourtant : le groupe, même au plus fort de la tempête, notamment après la grève de l’entraînement le dimanche 20 juin, a toujours bien vécu. Les déceptions individuelles ont simplement pris le dessus à un moment donné, au gré des désillusions sportives, plombant ainsi la cohésion du groupe. Entre eux, les joueurs sont restés solidaires. Certes, certains n’ont pas apprécié la méthode retenue lors du boycott. Mais sur le fond, tous étaient partants pour marquer le coup d’une manière ou d’une autre suite à l’éviction jugée brutale de Nicolas Anelka.

Au sein du vestiaire, les meneurs se sont d’abord nommés Eric Abidal et Franck Ribéry. Mais ils se sont éteints au fil des matchs. Les deux joueurs, inséparables, ont terminé l’aventure ensemble dans le bus des Bleus à refaire le monde le soir de la défaite contre l’Afrique du Sud. Patrice Evra faisait également partie de la bande, même s’il partage plus d’affinités avec le milieu offensif du Bayern. Pourtant concurrents, Abidal et Evra ont appris à se respecter. Le latéral de Barcelone n’a pas hésité à demander à son capitaine de venir avec lui lorsqu’il a vidé son sac auprès de Domenech. Un geste qu’Evra a apprécié.

Gallas individualiste, Gourcuff surprotégé

Sans surprise, les solitaires du groupe étaient Thierry Henry et William Gallas. Les deux hommes, qui se connaissent depuis les sélections de jeunes, échangeaient le plus souvent ensemble, même si Henry était plus ouvert vis-à-vis du reste du groupe. C’est confirmé en revanche : Gallas a fait preuve, tout au long de la compétition, d’un individualisme forcené.

Yoann Gourcuff et Jérémy Toulalan étaient eux aussi inséparables, accompagnés le plus souvent d’Hugo Lloris et parfois d’Alou Diarra. Si le meneur de jeu bordelais ne faisait pas l’unanimité dans le groupe, c’est uniquement parce que le duo Raymond Domenech-Alain Boghossian avait tendance à le surprotéger. Ce que le reste du groupe ne comprenait pas. D’autant que dans le même temps, les performances du Breton étaient loin d’être exceptionnelles… et que le staff technique avait manifestement des difficultés à lui reprocher en face ce qu’il n’hésitait pas à confier à d’autres personnes.

Comme Sidney Govou était également dans ce cas, une sorte de malentendu s’est créé, qui ne s’est plus jamais dissipé. Certains cadres pensaient depuis plusieurs mois que Yoann Gourcuff ralentissait le jeu des Bleus. Mais selon nos informations, aucun d’entre eux n’a jamais demandé sa tête à Domenech, jetant un pavé de plus dans la mare déjà bien pleine du sélectionneur.