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Que vaut vraiment ce succès ?

Les Bleus

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Grâce à un dernier quart d’heure de folie et aux exploits du Sochalien Marvin Martin, les Bleus new look ont corrigé l’Ukraine (4-1). Mais ce succès ne masque pas les principales carences affichées par le jeu tricolore lundi soir.

Des Bleus en manque de leaders techniques

En l’absence de Nasri, Ribéry et Malouda, Yohan Cabaye, Blaise Matuidi et dans un degré moindre Yann M’Vila étaient attendus pour animer le jeu des Français. Posté comme sentinelle devant la défense, le Rennais est celui qui a le moins déçu. Mais le staff tricolore attend mieux de lui et notamment cette dernière passe qui lui a permis de s’installer en Bleu. Ses deux partenaires de devant, en revanche, n’ont pas eu le rayonnement escompté. Trop discrets, ils n’ont pas fait en 70 minutes ce que Marvin Martin a accompli en un quart d’heure : emballer le match. « Il y a encore des choses à améliorer, je dois encore travailler », reconnaissait sans peine Matuidi lundi soir. Loin d’égratigner ses jeunes Bleus, Laurent Blanc a nuancé la critique. « Ceux qui ont fait la différence en fin de match ont profité du travail un peu plus obscur et ingrat des milieux de terrain auparavant. » Certes. Mais ils n’ont pas encore montré leurs aptitudes à bousculer la hiérarchie.

Gameiro-Martin : un duo gagnant

Sans surprise, l’attaquant lorientais et le milieu de terrain sochalien ont marqué les esprits lundi. « Ce sont de bons petits, adoube Franck Ribéry. Ils sont discrets, travailleurs et apportent un peu de folie dans ce groupe. » Sûr que le milieu offensif du Bayern Munich a reconnu chez Gameiro et Martin l’insouciance de ses débuts tricolores. Le premier, par son abnégation et le second, bien sûr, par son culot, ont également ravi Blanc. «Quand on vous donne la possibilité de montrer ce que vous êtes capable de faire, il faut la saisir, se réjouissait le sélectionneur à l’issue du match. Ils peuvent avoir la satisfaction d’avoir fait leur match. » Et d’avoir marqué des points. Derrière Benzema, Kévin Gameiro apparaît aujourd’hui comme une alternative crédible, plus en tout cas que Rémy, auteur d’une triste copie en Ukraine. Quant à Martin, son quart d’heure à la fois réaliste et altruiste (deux buts, une passe décisive) lui a probablement donné le droit de rejouer jeudi en Pologne.

Sans Mexès, point de patron

Les absents ont toujours tort, dit-on. Pas Philippe Mexès. Car c’est le poids de son absence, en Ukraine, qui a pesé au sein de la défense tricolore. Le nouveau défenseur du Milan AC, en pleine convalescence après son opération au genou gauche, n’a toujours pas de concurrent. Le patron de défense des Bleus, c’est lui et cela s’est encore vu lundi soir. A côté de ses crampons trois jours plus tôt en Biélorussie, Mamadou Sakho est apparu encore trop timoré, trop crispé pour afficher l’autorité naturelle qui est la sienne avec le PSG. Laurent Blanc apprécie le jeune défenseur parisien et ne demande qu’à le voir se libérer un peu plus. Mais, même si dans le détail, il n’a pas survolé les débats, le sélectionneur ne pourra pas ignorer la jolie première réussie par Kaboul, auteur du troisième but des Bleus. Blanc n’aura pas non plus occulté la cagade de Mandanda, une boulette qui ne fait que renforcer le statut de numéro un d’Hugo Lloris. Comme Mexès, même absent, le portier lyonnais est indéboulonnable.