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Regrets éternels pour les Bleues

Eugénie Le Sommer

Eugénie Le Sommer - -

Comme contre le Japon en demi-finale, l’équipe de France de football féminin a perdu après avoir outrageusement dominé son match contre le Canada. Une médaille de bronze qui s’envole, et une cicatrice qui n’est pas prête de se refermer.

L’histoire se répète, et a tendance à être particulièrement cruelle avec l’équipe de France féminine de football. Après la demi-finale contre le Japon, déjà, les larmes avaient coulé sur les joues bleues après une deuxième mi-temps dominée de la tête et des épaules, et un pénalty de l’égalisation raté dans les dernières minutes. Ce match pour la 3e place pouvait permettre aux co-équipières de Louisa Necib d’évacuer cette énorme frustration en croquant du bronze… ce fut tout l’inverse. Des occasions ratées à la pelle, une équipe d’en face asphyxiée mais toujours en vie grâce à la maladresse des Françaises, et un final des plus tragique avec ce but assassin de Diana Matheson dans les arrêts de jeu (91e). « Des fois, dans la vie, on donne tout, et cela ne suffit pas. Que voulez-vous reprocher aux filles ? Nous avons tous reçu un coup de bambou », concédait le sélectionneur Bruno Bini, abattu, en conférence de presse.

Même douleur, et même peine que l’an dernier, où les Bleues avait terminé au pied du podium du Mondial allemand en perdant contre des Suédoises réduites à 10… L’Histoire bégaye et inflige des bleus à l’âme.

Un poteau, une barre, et des gros ratés

La première mi-temps avait pourtant laissé présager une rencontre serrée, Françaises et Canadiennes refusant de se livrer au détriment du spectacle. Mais dès le retour des vestiaires, les Bleues imposaient un rythme trop soutenu à leurs adversaires. Démarrait alors le festival des occasions manquées. Une première énorme opportunité sur un tir contré de Louisa Necib, détourné magistralement par la gardienne Erin McLeod (49e). A l’heure de jeu, les Canadiennes voyaient ensuite défiler les rafales bleues. Débordement de Thomis côté droit, remise pour Thiney et… poteau ! Deux minutes plus tard, déviation de la tête de Le Sommer en profondeur pour Thomis, en duel avec la gardienne canadienne et… transversale ! Dans la foulée, Thiney déborde côté gauche et sert Le Sommer à 6 mètres du but, qui tire… au-dessus ! Et la liste n’est pas exhaustive. Même quand la bénie des dieux, Erin McLeod, était battue, c’était sa défenseur Desiree Scott qui la suppléait sur la ligne pour sortir une frappe de Corinne Franco.

Côté canadien, rien ou presque, jusqu’à une dernière contre-attaque en toute fin de match. La suite, on la connait : des larmes et des regrets à vie pour une équipe, certes poursuivie par la poisse, mais qui n’a pas su forcer son destin en faisant preuve de lucidité devant le but. « Quand on travaille dur pour atteindre un objectif et qu’il ne reste rien du tout, alors qu’on le sent au bout des doigts, c’est compliqué », déclarait à chaud la latérale lyonnaise Corine Franco sur RMC. Mais ce jeudi, la réussite avait clairement choisi son camp.

Anthony Tallieu avec RM