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Ribéry, l’insaisissable

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Déroutant balle au pied, le meneur vedette des Bleus l’est aussi souvent en dehors du terrain.

De son ascension météorique, tout a été dit ou presque. Passé du National à l’équipe de France en trois ans, Franck Ribéry possède un parcours aux allures au conte de fée. Même si la crapoteuse affaire Zahia a brouillé l’image de grand gamin insouciant, capable de planter le bus du Bayern dans un poteau. « Mais il n’a pas changé, jure Cédric Vanoukia, ami de Ribéry depuis leur saison commune à Brest, en 2003-2004. Il reste égal à lui-même Il est toujours aussi généreux, chambreur et disponible. »

De la Bretagne à la Bavière, le fil de leur relation ne s’est ainsi jamais rompu. « Je suis un joueur de CFA et lui une vedette. Malgré ça, il lui arrive de m’appeler régulièrement et de me faire partager ce qui lui arrive. On s’est encore parlé au téléphone hier (mardi) », raconte le défenseur de l’US Quévilly (CFA), demi-finaliste de la dernière Coupe de France. Plus vieux d’une année, Vanoukia (28 ans) vit donc par procuration chaque soubresaut de la carrière de son pote, qu’il a rapidement imaginé en grand.

Maladresse et inconstance

« A Brest, on voyait déjà qu’il n’avait rien à faire en National. La Ligue 1, c’était une évidence. De là à penser qu’il deviendrait une star mondiale… » Il y avait un pas que le natif de Boulogne-sur-Mer a franchi à pas de géants. D’abord en se faisant repérer par Jean Fernandez, qui le lance dans le grand bain à Metz en juillet 2004.

Insaisissable sur le terrain, Ribéry va vite le devenir en dehors. A peine six mois en Lorraine et le natif de Boulogne-sur-Mer exporte son talent en pleine explosion à Galatasaray. « Il a beaucoup appris là-bas et gagné son premier titre (la Coupe de Turquie, ndlr), défend Vanoukia. Il a été énorme avant de revenir par la grande porte. » Cette grande porte, c’est l’OM, où sa saison est couronnée d’une invitation de dernière minute pour la Coupe du monde 2006. La finale perdue contre l’Italie, ses envies d’ailleurs le poussent à annoncer son probable départ vers Lyon, au 20 heures de TF1. Le président d’alors, Pape Diouf, impose son veto. Ses prestations auront vite fait d’effacer la maladresse et de le réconcilier avec le public phocéen.

A Munich, « Ti Franck » devenu « Kaiser Franck » fait le doublé dès sa première saison mais réclame un départ vers le Real Madrid à la fin de la suivante. Inconstance chronique ? « C’est le milieu qui est comme ça, plaide Vanoukia Mais ne vous y trompez pas, il a toujours su ce qu’il voulait ».

Et ce qu’il veut désormais, c’est réaliser une grande Coupe du monde. Après avoir paraphé un nouveau contrat jusqu’en 2015 avec le Bayern, qui l’a toujours soutenu dans la tempête, il a obtenu de Domenech ce flanc gauche qu’il réclamait tant. En club comme en bleu, Franck Ribéry semble découvrir, à 27 ans, les vertus de la stabilité.

Chaque jour, Rmcsport vous présente un Bleu vu par un proche. L’occasion de passer de l’autre côté du miroir et de découvrir la face caché de vos joueurs préférés.

Le titre de l'encadré ici

Le CV de Franck Ribéry|||

Né le 7 avril 1983 à Boulogne-sur-Mer

Milieu offensif

44 sélections (7 buts)

1,70m, 62kg

Au Bayern Munich depuis 2007

Anciens clubs : Boulogne-sur-Mer (2001-2002), Alès (2002-2003), Brest (2003-2004), Metz (2004-janvier 2005), Galatasaray (janvier 2005-juin 2005), Marseille (2005-2007)

Palmarès

Champion d'Allemagne 2008 et 2010

Coupe d'Allemagne 2008 et 2010

Coupe de Turquie 2005

S.C. et K.B.