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Sagnol : « Ça va se faire dans la douleur »

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Avec 58 sélections, Willy Sagnol connaît bien l’équipe de France. Vice-champion du monde 2006, l’actuel sélectionneur des Espoirs a évoqué, ce vendredi dans Larqué Foot, le barrage aller en Ukraine (20h45).

Willy Sagnol, êtes-vous confiant avant ce barrage aller en Ukraine ?

Si on résume tout ce qu’on dit depuis le début, en termes de talent, l’équipe de France a le statut de favori. Mais l’Ukraine a réussi à forger un collectif donc ça va être difficile. Ça va se faire dans la douleur mais je suis quand même confiant car je sens, depuis deux-trois mois, qu’il y a eu un déclic. Aujourd’hui, je vois l’équipe de France beaucoup plus solide mentalement qu’il y a quelques mois. 

Certains « spécialistes » avancent qu'une élimination pourrait être un mal pour un bien en permettant aux Bleus de repartir sur des bases solides. Êtes-vous de cet avis ?

Pas du tout ! En cas d’élimination, il faudra m’expliquer où seront ces bases solides. Ces dernières se forgent en plusieurs années, pas en douze mois. Je ne fais pas du tout partie de ces gens-là.

Comment jugez-vous l'Ukraine par rapport aux grosses cylindrées européennes ?

Il y a eu l’arrivée d’un nouveau sélectionneur et certains joueurs ont été mis de côté dans les derniers mois. On peut faire un rapprochement avec l’Espagne, par exemple, qui à un moment a mis Raul et Guti de côté car ils ne passaient pas dans le collectif. C’est un peu la philosophie du changement qu’ils ont opéré. L’Ukraine a entamé une petite révolution et elle va être dangereuse.

Franck Ribéry arrive plein de confiance après une année magnifique. Sera-t-il l'élément déterminant de ce barrage et a-t-il les épaules pour assumer cette pression ?

Les épaules, il les a. Toute grande équipe a besoin d’au moins un grand joueur. En France, on a eu des Kopa, Platini, Zidane. Les Allemands ont eu des Beckenbauer ou Matthaüs. Pour grandir, toute équipe a besoin d’un grand leader sur la pelouse. J’espère que Franck peut être celui-là et qu’il nous mènera jusqu’au Brésil. 

En 2006, vous étiez un des leaders de l'équipe de France finaliste de la Coupe du monde avec Zidane, Makelele ou Vieira. La génération actuelle ne manque-t-elle pas d'un plus grand nombre de leaders ?

Les leaders se forgent dans les grandes compétitions. Il faut en passer par là. Si on se projette sur 2016, avec l’Euro en France, on a vraiment besoin de cette Coupe du monde au Brésil pour forger le groupe, les caractères, les leaders et être performant en 2016. La qualification pour ce Mondial n’est pas une question de survie, car le foot survivra toujours, mais elle reste extrêmement importante d’un point de vue footballistique.

Vous êtes sélectionneur des Espoirs où Florian Thauvin, après plusieurs bons matches avec l'OM, vient de signer un triplé contre l

Je ne sais pas. C’est difficile pour moi de juger. Les Espoirs et les A, c’est quand même différent. En ayant pris les Espoirs, je me mets dans l’âme d’un formateur donc je répondrais : ‘‘bien sûr’’ car c’est un joueur qui montre de belles choses depuis plusieurs semaines. Mais l’équipe de France, ça se mérite. Pas sur quelques bonnes performances mais sur la durée. Florian est encore jeune. C’est un peu notre mal en France. Dès qu’un joueur fait un sombrero ou deux passements de jambes, on le voit tout de suite comme le futur Zidane ou le futur Ribéry. Après, Florian est un bon joueur, c’est certain, il l’a démontré. Mais il faudrait répéter ces bonnes performances sur des mois et des mois pour être un fort prétendant à l’équipe de France.

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