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Soubeyrand : « La frustration est énorme »

Sandrine Soubeyrand

Sandrine Soubeyrand - -

La capitaine malheureuse de l’équipe de France féminine de football, Sandrine Soubeyrand (38 ans), est revenue sur la cruelle défaite des Bleues contre le Canada (1-0). Un scénario impitoyable qui les prive d’une médaille olympique.

Vous êtes-vous dit des choses dans le vestiaire ?

Non. Le vestiaire était silencieux et tout le monde a pris sa douche très rapidement pour partir vite. Je ne sais pas s’il y avait quelque chose à dire. La frustration est énorme. Il faudra revoir comment cela s’est passé.

Vous avez dû ruminer toutes ces occasions manquées…

L’efficacité n’a pas été au rendez-vous. Nous avions déjà eu des occasions contre le Japon, nous en avons encore aujourd’hui. La différence se fait là-dessus : au haut niveau, il faut marquer. Ce n’est pas parce qu’on joue mieux que l’équipe adverse, ou qu’on produit plus de jeu, que l’on gagne. L’efficacité, c’est ce qui est le plus important dans le football. On peut avoir une occasion, la transformer, et défendre pendant 90 minutes, ou bien en avoir quinze, attaquer et se faire contrer à la dernière minute. C’est ce qui nous est arrivé.

« Il n’y a pas de scénario juste ou injuste dans le sport »

Le scénario est tout de même très cruel…

Oui, mais il n’y a pas de scénario juste ou injuste dans le sport. Les Canadiennes ont mérité leur victoire, elles n’ont peut-être pas produit beaucoup de jeu, mais elles n’ont rien lâché pendant 90 minutes. C’est une des façons de jouer au football, et elles ont été récompensées. Il faut maintenant avancer et essayer de positiver même si c’est compliqué. Nous avons fini 4e des Jeux pour notre première participation. C’est une place un peu dure mais c’est comme ça…

Vous aviez pourtant visiblement réussi à évacuer la frustration du match précédent (perdu 2-1 contre le Japon)…

Oui car nous avions vraiment envie d’aller chercher le bronze. Nous avons tout fait pour cela sauf que nous n’avons pas marqué. Cela ne passe pas loin… et en même temps, loin quand même. C’est frustrant et décevant, mais bon. J’espère que l’équipe de France reviendra un jour à ce stade de la compétition et décrochera une médaille.

Propos recueillis par Rodolphe Massé