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Supporters au grand air

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Les fans de l’équipe de France ne sont pas nombreux mais ils arrivent ! Plusieurs d’entre eux ont choisi d’établir leurs quartiers dans un camping de la périphérie de Donetsk, construit pour l’occasion et plutôt éloigné des standards habituels.

 L’image est saisissante. Sur une butte, à la sortie de Donetsk, le long de l’autoroute, une dalle de béton sortie de nulle part. Bienvenue au camping-park de Donetsk. D’un côté la piste de danse, les écrans géants pour suivre les matches, les bars mis à disposition des clients. De l’autre des tentes blanches alignées en plein soleil. A l’entrée, des gardes assurent la sécurité. Des ouvriers continuent de monter ces habitations de fortune. Un jardinier tond la pelouse pendant qu’un chauffeur de camion essaye sans succès de désembourber son véhicule. Le confort est spartiate, notamment dans les douches. « Hier (samedi), on avait de l’eau chaude. Ce matin (dimanche), on n’avait de l’eau froide. C’était parfait. Impeccable ! »

Benoit est breton. Il est arrivé jeudi en Ukraine avec quatre amis. Il a vu le camping évoluer jour après jour. Et notamment les organisateurs installer à la va-vite une… salle de musculation à l’air libre, en plein milieu du camping. Pour dormir, ces supporters s’entassent dans des tentes où trois lits occupent l’espace. Rudimentaire. Quant aux nuits, les cinq amis ne se font pas d’illusion. D’abord parce qu’ils doivent faire avec les lampadaires qui éclairent le complexe. Ensuite parce que les sonos crachent la musique une bonne partie de la nuit. Mais il y a pire. « Il fait une chaleur, c’est insupportable ! La nuit, la température ne descend pas en dessous de 20°C », poursuit Benoît. En trois jours, ces trentenaires n’ont dormi que quelques heures.

Comme ses amis, maillot bleu sur les épaules, il s’amuse de la situation. D’abord parce qu’il a prévu de prendre une semaine de « vraies » vacances après son Euro. Ensuite parce qu’il enchaîne les belles rencontres avec les Anglais qui ont massivement envahi la place, mais également avec les Ukrainiens qui les ont accueillis les bras ouverts. Ça chambre. Ça chante. Et forcément, on oublie les petits soucis : « C’est un campement en fabrication. On a l’impression que l’Euro commence dans un mois, mais non. Ils sont à la bourre. Après, ça le fait au niveau de la restauration. On verra ce que ça donne un peu plus tard », conclut-il dans un éclat de rire. Et puis ces désagréments ne sont rien pour ces fans venus de l’autre bout de l’Europe. Sésame en main, ils sont fiers de montrer leurs billets pour le match entre les Bleus et l’Angleterre. Ça valait bien un étonnant road-trip.

Pierrick Taisne à Donetsk