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Tardelli, le Brésilien do Qatar

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Dunga a peut-être trouvé une solution au manque de réalisme patent de la sélection brésilienne (qui affronte le Japon ce mardi). Samedi, une Seleçao à la peine face à l’Argentine, a vu Diego Tardelli réaliser le doublé et offrir son premier succès de prestige (2-0) à Dunga, l’homme qui a toujours cru en lui.

Une lueur semble enfin se dessiner dans le ciel brésilien, bien sombre depuis juillet dernier. Cette étoile porte le nom de Diego Tardelli. Samedi à Pékin en amical, l’attaquant a ouvert son compteur en inscrivant tout simplement un doublé, face à l’ennemi juré argentin (2-0). Pas le pire des moments pour briller. Dans le Nid d’oiseau de Pékin, une reprise de volée et une tête ont délivré un Brésil étouffé par l’Albiceleste. Intelligent, habile et efficace, le joueur de l’Atlético Mineiro a pris son envol. Mieux, il fait figure d’homme providentiel, alors que l’attaque brésilienne s’apparente à un champ de ruines.

« Mon but est de jouer la Coupe du Monde 2018, lâche sans équivoque le héros de la soirée. J'ai besoin de profiter du moment, je veux fêter ça avec ma famille, avec ma femme. Marquer mon premier but pour l'équipe nationale, c'est merveilleux, surtout face à l'Argentine. Cela va me mettre en confiance pour les prochaines rencontres. »

Dunga pour premier supporter

Le joueur de 29 ans ne veut plus perdre de temps et pour cause. Brillant en 2009 avec l’Atlético Mineiro, Tardelli avait étrenné sa première cape sous les ordres de Dunga, déjà inconditionnel du joueur lors de son premier passage à la tête de la sélection (2006-2010). « Je ne remets pas en question les qualités des autres attaquants, mais il se trouve que Tardelli joue très bien en ce moment et qu'il a acquis de la maturité », confiait alors le technicien.

De retour sur le banc du Brésil en 2012, Luiz Felipe Scolari avait moins goûté le talent de Tardelli. Pour la défense du désormais ex-sélectionneur, Tardelli, qui a connu 8 clubs en 11 ans, s’était exilé à Al-Gharafa, au Qatar en 2012-2013, après s’être égaré à l’Anji Makhatchkala (0 but en 13 matches) en 2011-2012. L’avant-centre, réputé pour son caractère difficile et impatient, avait d’ailleurs également piétiné au Betis Séville et au PSV Eindhoven entre 2006 et 2007.

Révélé à l’Atlético Mineiro

En juillet dernier, le natif de Sao Paulo regardait ainsi le Brésil -fébrile derrière, transparent devant- s’effondrer à domicile, après avoir manifesté toute sa motivation et assuré de son utilité : « Si seulement j'avais pu montrer ce que je savais faire. Je suis un attaquant mobile, j'aime le mouvement, je ne suis pas un pivot. » Sans effet, son compteur est resté bloqué à cinq sélections et le Brésil au stade des demi-finales.

De retour à l’Atlético Mineiro, qui l’a révélé et où il a toujours étincelé, Tardelli a de nouveau retrouvé tout son éclat (25 buts en 53 matches) et reçu les faveurs de Dunga, qui l’a titularisé lors des trois matches de la Seleçao. Un choix qui commence à porter ses fruits. En espérant pour les supporters brésiliens que l’étoile file pour longtemps. Ou au moins mardi face au Japon.

Jérémy Bilinski