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Ukraine-France : Nasri aux abonnés absents

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Titulaire au poste de meneur de jeu face à l’Ukraine, Samir Nasri n’a pas eu le rendement escompté. Brouillon, souvent transparent et sans poids sur l’animation offensive, le joueur de Manchester City est complètement passé à côté de son match.

65e minute de jeu au stade Olympique de Kiev. Samir Nasri dans la surface, face à Piatov. L’ancien Marseillais ouvre son pied et bute sur le portier du Shakhtar Donetsk. « J’ai joué l’action deux cent fois dans ma tête. Je me dis : « Est-ce que je la pique ou pas ? » Mais si je la pique et qu’il reste planté, ça devient ridicule. J’ai essayé de frapper, il m’a attendu, voilà… En espérant que j’en ai une autre mardi et que cette fois, elle aille au fond. » En attendant, Samir Nasri devra se poser moins de questions. Car cette action n'est que le symbole, finalement,
de son match très, très insuffisant faceà l'Ukraine. Car Nasri n’a pas seulement raté une occasion importante, alors synonyme d’égalisation. L'intéressé a surtout traversé ce barrage aller de Coupe du monde telle une âme en peine. Sans jamais peser dans l’animation offensive des siens.

Ou alors dans le mauvais sens. Titularisé au cœur du 4-2-3-1 choisi par Didier Deschamps, Samir Nasri a ralenti le jeu. Souvent lent dans ses transmissions de balle, pas toujours lucide dans ses choix, parfois auteur de pertes de balle aussi malvenues que dangereuses, le numéro 10 tricolore, à défaut de dézoner en permanence – son péché mignon encore récemment face à la Finlande – n’a pas illuminé le jeu de ses partenaires. Il n’a jamais su mettre Olivier Giroud dans les meilleures conditions, bien combiné avec Franck Ribéry ou donner de la profondeur aux jambes de Loic Rémy. Vendredi soir, l’équipe de France n’a vu que l’ombre de l’étincelant chef d’orchestre qui avait régalé le Parc des Princes il y a un mois face à l’Australie (6-0). Et qui, à l’époque, combinait. Décalait. Avait le geste juste.

Moins en vue... que Pogba !

Samir Nasri a bien tenté, une fois la France menée, de secouer le cocotier. Sans la lucidité nécessaire donc (65e). Sans conviction quelques instants plus tard (72e), sur une frappe décochée aux 25 mètres. Sans… la petite étincelle, le petit geste génial que l’on était en droit d’attendre de lui. A Kiev, Nasri a souffert de la comparaison avec Franck Ribéry, plus mobile. Mais aussi de celle avec … Paul Pogba. Car la petite lueur d’inventivité, outre celle brandie par la star du Bayern Munich, est également venue des pieds du Turinois, alors que ce dernier était pourtant cantonné à un rôle de récupérateur aux côtés de Blaise Matuidi…

De quoi désavouer, dans les grandes largeurs, le choix initial de Didier Deschamps, contraint de sortir Mathieu Valbuena du banc (80e). Tête basse, c’est en courant que Samir Nasri quittera la pelouse de Kiev pour céder sa place au Marseillais. Prestement, au pas de course, visiblement soucieux de vite disparaître des écrans radar. Qu’il se rassure, vendredi soir, il n’a vraiment rien fait pour figurer dessus…

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A. D.