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Un drôle de parfum d’Euro

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A un an du début du championnat d’Europe, c’est une équipe de France largement remaniée qui affronte l’Ukraine, l’un des deux pays organisateurs, en match amical à Donetsk (21h). Après la triste performance en Biélorussie (1-1), les habituels remplaçants ont une grosse carte à jouer.

A quasiment un an jour pour jour du début de l’Euro 2012 (la compétition débutera le 8 juin), l’équipe de France défie ce lundi soir l’Ukraine, l’un des deux pays-hôtes avec la Pologne, à Donetsk. Il ne faut néanmoins pas s’attendre à une rencontre digne d’une phase finale de compétition internationale. D’abord parce qu’il s’agit d’un match amical, l’avant-dernier avant de partir en vacances. Ensuite parce que les Bleus, toujours en tête du groupe D et donc bien partis pour être présents en Ukraine dans un an, ont montré d’inquiétantes lacunes vendredi en Biélorussie (1-1). Battus dans l’envie et la combativité, les partenaires de Franck Ribéry ont énormément déçu leur sélectionneur. Laurent Blanc ne s’est d’ailleurs pas gêné pour leur signifier tout en basculant immédiatement sur le déplacement à Donetsk : « J’espère voir, au moins d’entrée de match, un état d’esprit de compétiteur, prévient-il. Si on n’a pas cette attitude lors d’un match international, on est balayé par l’adversaire. On a vu face à la Biélorussie qu’on n’était pas au point physiquement. Si c’est le cas contre l’Ukraine, on va encore être chahuté. A moi de composer une équipe avec des joueurs qui ont envie de faire quelque chose. »

L’heure de Gameiro

Pour affronter l’équipe de Chevtchenko (blessé et forfait pour la rencontre), Laurent Blanc a décidé de renouveler à 90% son équipe. Il ne s’agit pas d’une punition pour les titulaires de Minsk car ce choix était prévu de longue date. Mais en titularisant des joueurs comme Cabaye (2 sélections), Matuidi (2), N’Zogbia (1), en lançant dans le grand bain des novices tels que Kaboul ou le Sochalien Marvin Martin, et en accordant sa confiance à Kevin Gameiro en pointe, le sélectionneur entend bien faire jouer à fond la concurrence et, pourquoi pas, piquer au vif certains « titulaires ». « Il doit toujours y avoir de la concurrence sinon un groupe n’avance pas, assure Blanc. On n’a pas trouvé notre plénitude lors des derniers matches. Des joueurs doivent saisir leur chance. Si de nouveaux talents se révèlent lors des deux matches amicaux, nous sommes preneurs. »

Loin d’être dénué d’intérêt à défaut d’être vraiment emballant, cet Ukraine-France permettra aussi au public français de faire connaissance avec « le diamant », le surnom de la Donbass Arena, le stade du Shakhtar Donetsk. L’enceinte ultramoderne et d’une capacité de 50 000 spectateurs a impressionné Laurent Blanc : « Je ne connais pas encore la ville, mais le stade est magnifique », a-t-il observé. Heureusement, serait-on tenté de lui faire remarquer car à un an du coup d’envoi de l’Euro, l’Ukraine a du retard sur sa feuille de route. Transports en commun moyenâgeux, infrastructures et hébergements loin d’être au point, difficultés linguistiques, il est bien difficile d’imaginer qu’une grande compétition internationale se déroulera en Ukraine dans un an. Les Bleus, eux, s’y verraient bien déjà...