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Croatie : l’été où Perisic a signé à Sochaux pour sauver la ferme de son père

Ivan Perisic

Ivan Perisic - AFP

Dix ans avant de devenir l’un des précieux milieux de terrain de la Croatie qui défiera la République tchèque cet après-midi pour le compte du groupe D de l’Euro 2016, Ivan Perisic signait en faveur du FC Sochaux-Montbéliard. Un transfert étonnant derrière lequel se cache son papa, à la tête d’une ferme en faillite…

C’était il y a tout juste dix ans. A l’été 2006, Ivan Perisic est sur le point de réaliser son rêve de gamin : intégrer l’effectif professionnel d’Hajduk Split, son club. Celui que tout le monde supporte dans sa famille. Impressionné par les qualités du jeune Croate de 17 ans durant le stage de présaison, Zoran Vulic, entraîneur de l’équipe première et ex-défenseur du FC Nantes, lui propose d’être la doublure de Niko Kranjcar. Et pourquoi pas de débuter à ses côtés. 

Tout cela ressemble à un conte de fée sauf qu’au moment où le club de Split attend la signature de son espoir, celui-ci refuse ses avances. Dans le dos de ses dirigeants, le jeune Perisic, très courtisé, s’est déjà engagé avec un autre club, le FC Sochaux-Montbéliard. Accompagné par sa mère et sa sœur, il a effectué un voyage en France grâce à un jet privé affrété par le club doubiste. Cruel pour Hadjuk Split qui devra se contenter de 360.000€ d’indemnités de transfert.

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Ante Perisic : « Partir à Sochaux était la meilleure solution pour ma famille »

Dur aussi pour Ivan Perisic qui rêvait de porter le maillot de son club de toujours. Car le joueur n’a pas rejoint l’équipe sochalienne pour le plaisir de découvrir les pelouses de Ligue 1 (chez les Lionceaux, il n’a d’ailleurs disputé que des matches avec l’équipe réserve). Il y a seulement deux ans, son père, Ante, a révélé les raisons de ce départ précipité, véritable crève-cœur pour toute la famille Perisic.
A la tête d’un élevage de poules, Ante Perisic était au bord de la faillite à l’été 2006. Pour sauver sa ferme et sa famille, il a demandé à son fils d’accepter l’offre de Sochaux et à sa famille de l’accompagner pendant que lui resterait en Croatie pour tenter de sauver ses poules et tout son business. « Partir à Sochaux était la meilleure solution pour ma famille, expliquera le papa d’Ivan au journal Slobodna Dalmacija. Je voulais qu’ils s’éloignent de moi et de mes souffrances. » Dix ans plus tard, son fils, porte haut les couleurs de l’Inter Milan et surtout le maillot à damiers rouges de la Croatie. Avant de défier la République tchèque cet après-midi (18h) à Saint-Etienne, il ne fait aucun doute que ce retour en France, loin de Sochaux, fait la fierté de son père.

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Aurélien Brossier