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Euro 2016 : ce que les villes demandent à Platini

Euro 2016 : Alain Juppé et Michel Platini

Euro 2016 : Alain Juppé et Michel Platini - AFP

Le sixième comité de pilotage de l’Euro 2016 se tiendra ce jeudi à Bordeaux, en présence de Michel Platini, Manuel Valls, Patrick Kanner, Noël le Graët et Alain Juppé, qui représentera les dix villes qui accueilleront la compétition. Au cœur des discussions, les retombées économiques qu’espèrent les municipalités concernées.

Alain Juppé en meneur

« Cela ne s’est pas très bien passé. » La phrase a été lâchée par Alain Juppé après une réunion à l’Elysée avec François Hollande et Michel Platini, en septembre dernier, à propos de l’Euro 2016. Depuis, le climat semble s’être apaisé et le maire de Bordeaux est plutôt optimiste avant le sixième comité de pilotage de cet Euro, qui se tiendra ce jeudi dans la cité girondine. Seront présents Manuel Valls, Michel Platini, Patrick Kanner, Thierry Braillard, Noël Le Graët mais aussi Jacques Lambert, le président du comité de pilotage, et donc Alain Juppé, le président du « Club des sites », l'association qui rassemble les maires des dix villes hôtes de cette compétition. C’est derrière l’ancien Premier ministre que les dix villes (Paris, Saint-Denis, Bordeaux, Lens, Lille, Lyon, Marseille, Nice, Saint-Etienne et Toulouse) se sont organisées afin de faire falloir leurs revendications communes. Leurs représentants se sont d’ailleurs réunis la semaine dernière. Un accord devrait même être annoncé ce jeudi, ce qui soulagerait Alain Juppé, critiqué par l’opposition bordelaise à propos du coût du nouveau stade pour les collectivités locales.

Profiter des retombées économiques

Les dix villes qui accueilleront les matchs de l’Euro 2016 comptent bien profiter des retombées économiques d’une telle compétition, estimées à 900 millions d’euros. L’ « héritage » laissé par cet Euro sera donc au cœur des discussions ce jeudi. Au-delà du montant que l'UEFA va verser pour la location des stades, les villes veulent toucher 100 millions d’euros, soit 10 millions chacune, afin de financer des projets bénéfiques à la population. « J’ai bien précisé qu’il ne s’agit pas de demander à l’UEFA de nous aider à financer les stades, précise Alain Juppé. Nous avons pensé qu’il était normal que l’UEFA nous aide pour faciliter l’acceptabilité de cette manifestation, qui n’est pas accueillie avec enthousiasme par tout le monde, de montrer que tout le monde va en profiter, y compris les clubs de quartier, sur des petits équipements du style "city stades", pelouses synthétiques. Moi, on me demande beaucoup pour des petits stades, des pelouses synthétiques qui permettent de multiplier par trois ou quatre l’utilisation du stade. Il n’y a pas de dissension, il y a une discussion. Une discussion qui évolue favorablement. »

Des « fans zones » difficiles à gérer

Accueillir des rencontres d’une Coupe du monde ou d’un Euro nécessite également la mise en place de « fans zones », dans lesquelles les supporters se regroupent pour regarder les matchs sur écran géant et faire la fête. Des aires en plein cœur des villes difficiles à gérer. Même s’il est conscient des risques de débordement et des moyens à déployer pour les endiguer, Alain Juppé ne veut pas que ces « fans zones » soient « bunkerisées ». « Les mesures de précaution qui seront prises sur les "fans zones" risquent d’être maximales, estime le maire de Bordeaux. Elles seront peut-être traitées, c’est un sujet de discussion, comme un établissement recevant du public. Ça veut dire une clôture, une palpation à l’entrée, des mesures de sécurité et ça nous paraît de nature à casser la fête. Puis, si ces "fans zones" sont des stades dans la ville, les gens iront ailleurs. Pour fêter l’événement, on les retrouvera Place de la Victoire ou sur les quais et ça ne sera peut-être pas la meilleure façon de maîtriser l’événement. »

dossier :

Euro 2016

A.Al. avec OS