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France-Arménie : huit choses à savoir sur Mkhitaryan

Henrikh Mkhitaryan

Henrikh Mkhitaryan - AFP

Star de la sélection arménienne, Henrikh Mkhitaryan représentera le danger n°1 pour les Bleus, jeudi à Nice (20h45). Cette rencontre amicale sera l’occasion pour le milieu offensif de Dortmund de se rappeler au bon souvenir de la France, un pays qu’il connait bien et où il aurait pu briller il y a quelques années.

Une enfance française

Quelques mois après sa naissance à Erevan, le 21 janvier 1989, le petit Henrikh rejoint son père footballeur, Hamlet, qui s’est engagé avec Valence. Pendant ses cinq années dans la Drôme, puis deux autres à Issy, il tape dans ses premiers ballons et apprend la langue de Molière, qu’il parle encore aujourd’hui. Une enfance heureuse qui va rapidement connaître un tournant tragique.

Au nom du père

Alors qu’il s’est engagé avec l’Ararat Issy, après avoir aidé Valence à retrouver la D2, Hamlet apprend une terrible nouvelle : il souffre d’une tumeur au cerveau. Il décide alors de rentrer avec sa famille en Arménie, devenue indépendante entretemps. Il s’éteint le 2 mai 1996 à Erevan à seulement 33 ans. Depuis, Henrikh a repris le flambeau d’un joueur qui avait quitté le pays précédé d’une solide réputation. « Je suis fier de poursuivre le travail de mon père. Sans le foot, je ne sais pas ce que j’aurais pu faire. »

Fan des « Yeux dans les Bleus »

Lorsque l’équipe de France monte sur le toit du monde en 1998, Mkhitaryan n’a que 9 ans. Mais il est déjà sous le charme des arabesques d’un certain Zinedine Zidane. Son idole de jeunesse. Il a ainsi reconnu un jour avoir visionné une bonne trentaine de fois « Les Yeux dans les Bleus », le documentaire de Stéphane Meunier qui dévoile l’intimité des joueurs d’Aimé Jacquet jusqu’à leur sacre.

Un « président » au Shakhtar

S’il est déjà une star dans son pays, dont il vient de remporter les quatre derniers championnats avec le Pyunik Erevan, Henrykh doit faire ses preuves lorsqu’il débarque à Donetsk en 2009. D’abord au Metalurg puis un an plus tard au Shakhtar. Alors pour ne penser que ballon, Mkhitaryan opte pour une solution radiale : ne pas prendre d’appartement en ville et vivre dans une des chambres mises à disposition des jeunes au centre d’entraînement. « Mes coéquipiers me taquinent parfois, rigolait-il en 2012. On m’a même surnommé le président. » Du terrain d’entraînement certes, mais président quand même.

Trop frêle pour la Ligue 1

Avant d’opter pour l’Ukraine, Henrikh avait plutôt dans l’idée de faire comme son père deux décennies plus tôt en rejoignant un club français. Mais les tests passés à Marseille, Lyon et Lille se révèleront infructueux. Trop chétif, jugent en cœur les clubs de Ligue 1. De quoi s’en mordre un peu les doigts quelques années plus tard.

Le joueur le plus cher de Dortmund

A la recherche d’un successeur à Mario Götze, parti au Bayern Munich, le Borussia Dortmund n’a pas hésité à casser sa tirelire pour le milieu offensif arménien. Les 27,5 millions d’euros dépensés en 2013 pour le récupérer au Shakhtar Donetsk représentent ainsi le record du genre pour le club allemand. Avant lui, la référence était le Brésilien Marcio Amoroso, débarqué de Parme en 2001 contre 25,5 millions d’euros.

Etendard de son pays

Depuis quelques années, Henrikh Mkhitaryan est devenu une figure de l’Arménie qui rivalise avec le chanteur Charles Aznavour. Elu cinq fois joueur arménien de l’année (2009, 2011, 2012, 2013, 2014), il possède une aura qui dépasse les frontières de son pays. Une popularité qui pourrait exploser s’il parvenait à réaliser le rêve de tout un peuple : se qualifier pour la phase finale d’une grande compétition internationale. Mais ce ne sera pas pour cet été en France puisque l’Arménie est depuis longtemps hors course pour l’Euro avec seulement deux points prix en sept matches.

Il s’éclate enfin au Borussia

Ecrasé par le poids de son transfert, Henrikh Mkhitaryan n’a pas donné la pleine mesure de son talent lors de ses deux premières saisons dans la Ruhr. Son bilan de 13 buts et 10 passes décisives pour sa première année en Allemagne n’a rien d’infamant mais l'Arménien déçoit globalement. L’an passé, il sombre avec son équipe, catastrophique pendant de longs mois avant de redresser la tête en fin d’exercice. Des difficultés qu’il semble avoir mises derrière lui depuis l’arrivée de Thomas Tuchel à la place de Jürgen Klopp cet été. En 15 matches disputés cette saison, Mkhitaryan a déjà trouvé le chemin des filets à 9 reprises. En août, il a inscrit, face à Wolfsburg, son premier triplé sous le maillot de Dortmund. « Ces deux dernières saisons ont été très dures, avoue-t-il. Mais les galères endurcissent l'homme. » Et n’ont heureusement pas englouti les qualités du footballeur.