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France-Russie : Sloutski, le Mourinho venu du froid

Leonid Sloutski, le sélectionneur de l'équipe de Russie

Leonid Sloutski, le sélectionneur de l'équipe de Russie - AFP

Opposés ce mardi (21h) au Stade de France à la sélection russe, les Bleus vont croiser Leonid Sloutski sur le banc adverse. Un coach surnommé le « Mourinho russe » qui a remplacé Fabio Capello en août dernier et qui porte une double casquette puisqu’il entraîne également le CSKA Moscou.

Les parallèles avec José Mourinho lui ont valu son sobriquet. Comme le technicien portugais, Leonid Sloutski espérait devenir footballeur professionnel mais son rêve s’est brisé très tôt. Pour le Russe, c’était à 19 ans. Une grave blessure qui a stoppé net sa modeste carrière de gardien de but de bas niveau. Très vite, il bascule alors vers la carrière d’entraîneur dans la région de Volgograd. Quinze ans plus tard, à 34 printemps au compteur, on lui offre les rênes de la réserve du FC Moscou. Puis celles de l’équipe une en Premier League (le nom du championnat d’élite) russe.

Une précocité qui rappelle celle de « Mou ». Ça tombe bien, Sloutski a fait une partie de son apprentissage de coach auprès de lui lors de stages à Chelsea. A force, le surnom est tombé : Leonid ou le « Mourinho russe ». Sélectionneur depuis août dernier, quelques semaines après le départ polémique de Fabio Capello, Sloutski est le premier Russe à diriger la destinée de l’équipe nationale depuis Aleksandr Borodiouk en 2006. Question de légitimité. Et peut-être bien de pression politique. Après les expériences Guus Hiddink (2006-2010), Dick Advocaat (2010-2012) et Capello (2012-2015), la Fédération russe a préféré se tourner vers un gars du cru.

Pour faire plaisir à Poutine…

Il faut dire que Vladimir Poutine, président omnipotent qui a fait du sport une arme de propagande, aurait fait comprendre qu’il ne supportait plus de voir un étranger sur le banc de la sélection. A l’heure du choix, l’option Sloutski s’est imposée. Arrivé au CSKA Moscou en 2009, l’ancien portier y a obtenu des résultats plus que convaincants avec deux titres de champion dans la besace (2013 et 2014) et un troisième à l’horizon (le CSKA est leader après 21 journées) sans les moyens financiers de certains de ses concurrents, à l’image du Zénith Saint-Pétersbourg.

Rareté dans le football, même si la chose est plus commune en Russie, Sloutski va garder la double casquette CSKA-sélection jusqu’à l’Euro 2016. Son contrat avec l’équipe russe prendra fin à l’issue de la compétition. Si les Russes ne déçoivent pas trop en France, le technicien de 44 ans (45 le 4 mai prochain) pourrait être reconduit jusqu’au Mondial 2018, organisé au pays. Pour mieux préparer cet événement que les Russes ne voudront pas rater, il devra alors quitter le CSKA. Si les supporters du club le regrettent trop, leurs dirigeants pourront toujours tenter de contacter un certain José…

A.H.